Read the book: «Le Brun : huit reproductions fac-simile en couleurs»
Henry Roujon
Le Brun : huit reproductions fac-simile en couleurs

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066334086
Table des matières
LES PEINTRES ILLUSTRES
POUR PARAITRE LE I er DE CHAQUE MOIS
Ouvrages de la 3e Série
CHARLES LE BRUN
UN GÉNIE PRÉCOCE
LE SÉJOUR A ROME
LA DICTATURE ARTISTIQUE DE LE BRUN
LES ANNÉES GLORIEUSES
LEBRUN ET LES GOBELINS.
LA DISGRACE ET LA MORT
NOMENCLATURE DES TABLEAUX de CHARLES LE BRUN
LES PEINTRES ILLUSTRES
Table des matières
CHARLES LE BRUN
(1619-1690)
PLANCHE I. — LA SAINTE FAMILLE, dite le Benedicite
(Musée du Louvre, Paris)
Le Brun a peint beaucoup de sujets religieux, surtout à la première période de sa carrière. Son génie solennel se prêtait peu à l’interprétation des scènes mystiques qui demandent de la ferveur, de l’émotion et une certaine naïveté incompatibles avec la nature de l’artiste. Mais son incomparable habileté et sa conscience de peintre suppléaient dans une certaine mesure aux dons qui lui manquaient, et ses personnages, s’ils ne nous émeuvent pas, nous étonnent par le naturel et la vérité de leurs attitudes.


POUR PARAITRE LE Ier DE CHAQUE MOIS
Table des matières
ROSA BONHEUR.
DECAMPS.
BASTIEN-LEPAGE.
DÉJA PARUS:
VIGÉE-LEBRUN.
REMBRANDT.
REYNOLDS.
CHARDIN.
VELASQUEZ.
FRAGONARD.
RAPHAEL.
GREUZE.
FRANZ HALS.
GAINSBOROUGH.
L. DE VINCI.
BOTTICELLI.
VAN DYCK.
RUBENS.
HOLBEIN.
LE TINTORET.
FRA ANGELICO.
WATTEAU.
MILLET.
MURILLO.
INGRES.
DELACROIX.
LE TITIEN.
COROT.
MEISSONIER.
VÉRONÈSE.
PUVIS DE CHAVANNES.
QUENTIN DE LA TOUR.
H. ET J. VAN EYCK.
NICOLAS POUSSIN.
GÉROME.
FROMENTIN.
BREUGHEL LE VIEUX.
GUSTAVE COURBET.
LE CORRÈGE.
H. VAN DER GOES.
HÉBERT.
PAUL BAUDRY.
ALBERT DURER.
HENNER.
LOUIS DAVID.
PHILIPPE DE CHAMPAIGNE
GOYA.
Ouvrages de la 3e Série
Table des matières
49 — BOUCHER
50 — ZIEM
51 — HYACINTHE RIGAUD
52 — TENIERS
53 — PRUD’HON
54 LAWRENCE
55 — GUSTAVE MOREAU
56 — RIBERA
57 — HENRI REGNAULT,
58 — LE GRECO
59 — CLAUDE LORRAIN
60 — ALFRED STEVENS
61 — MEMLING
62 — HORACE VERNET
63 — NATTIER
64 — BENJAMIN CONSTANT
65 — MANTEGNA
66 — DIAZ
67 — JORDAENS
68 — GÉRICAULT
69 — WHISTLER
70 — LARGILLIERE
71 — BURNE JONES
72 — LE SUEUR

CHARLES LE BRUN
Table des matières
AU cours d’une promenade dans son jardin, le chancelier Séguier aperçut un enfant assis à terre qui dessinait avec ardeur. Doucement il s’approcha de lui, examina son travail et fut surpris des heureuses dispositions du jeune artiste. L’ayant interrogé, ses réponses lui plurent, sa bonne mine et son assurance le séduisirent; il résolut de pourvoir à son avenir et de favoriser une aussi évidente vocation.
Cet enfant s’appelait Charles Le Brun. Il avait onze ans, était né à Paris en 1619. Son père, sculpteur sans grand talent, avait, à défaut d’autre mérite, facilité à son jeune fils les moyens de développer son goût pour les arts. Charles Le Brun fut véritablement un enfant prodige, dans la réelle acception du terme. La légende, comme toujours en pareil cas, s’en est un peu mêlée: on raconte que, dès l’âge de trois ans, il charbonnait des dessins avec les tisons de l’âtre. Tant de précocité peut sembler impossible, il est toutefois hors de conteste que le chancelier Séguier, enchanté de son protégé, le confia incontinent aux soins de Simon Vouet qui le prit dans son atelier. Il y fut le camarade d’élèves plus âgés qui, presque tous, allaient acquérir une notoriété considérable: Mignard, Eustache Le Sueur, Louis Testelin, Le Nôtre, Alphonse Dufresnoy. Très épris de son art, travailleur infatigable et par dessus tout dévoré d’ambition et avide de gloire, le jeune Le Brun ne tarda pas à étonner et à émerveiller le maître et les élèves de son atelier.
UN GÉNIE PRÉCOCE
Table des matières
Le Brun n’a pas encore quinze ans et il s’est déjà signalé à l’attention par des œuvres qui témoignent d’une extraordinaire habileté : le portrait de son grand-père et Hercule assommant les chevaux de Diomède. Rien, dans ces tableaux, ne trahit une main puérile ou inexperte. Cet enfant est déjà un peintre; ses compositions ne sont pas des essais, mais des œuvres. Phénomène peut-être unique dans l’histoire de l’art, il arrive à la maîtrise sans apprentissage, presque sans étude. Il est marqué du sceau divin, il a le don.
Il demeure peu de temps chez Vouet, assez cependant pour y avoir puisé le goût de la grande décoration et des architectures somptueuses. Mais déjà son caractère entier et ombrageux se dessine: il supporte mal de collaborer aux compositions du maître et de concourir, sans profit pour lui-même, à la gloire d’un autre. A côté de lui, s’annonçent de jeunes talents, comme Le Sueur et Mignard, et l’émulation, qui est un noble sentiment, se transforme vite dans son cœur en une jalousie qui s’exaspère jusqu’à la haine. Le jeune artiste n’a pas l’âme aussi haute que l’intelligence: il est orgueilleux, rancunier et, si nous insistons sur les tristes côtés de cette nature si merveilleusement douée par ailleurs, c’est qu’ils expliquent logiquement certains de ses actes qui demeureraient incompréhensibles dans l’ignorance des mobiles qui les ont inspirés.
Il se sépare donc de Vouet et se rend à Fontainebleau où s’entassent les chefs-d’œuvre de la Renaissance italienne. Il y étudie fiévreusement, copie les maîtres, et donne une répétition de la Sainte Famille de Raphaël, qui est une véritable merveille. A cette fréquentation des grands maîtres de la peinture, il puise le désir Profond de visiter l’Italie, patrie incontestée de l’art, et Rome, détentrice de la beauté antique. Richelieu, qu’il s’est acquis en lui dédiant ses Premiers tableaux, l’y encourage et son dévoué protecteur Séguier lui en procure les moyens. Il lui donne de nombreuses recommandations et lui assure une pension annuelle de 200 écus.
PLANCHE II. — ENTRÉE D’ALEXANDRE A BABYLONE (Fragment)
(Musée du Louvre, Paris)
Les grandes compositions historiques de Le Brun se recommandent par l’habileté de la mise en scène et par l’air de grandeur qu’il sait leur donner. Dans l’Entrée à Babylone, tout est prévu pour produire un grand effet, et coordonné avec un art supérieur. En dépit de la solennité voulue de son sujet, le peintre a représenté des personnages qui n’ont rien de figé mais qui vivent et réalisent de beaux types d’énergie et de force.

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