Read the book: «L'avenir du mariage, ou L'usage et l'abus dans l'union des sexes»
H M Gourrier
L'avenir du mariage, ou L'usage et l'abus dans l'union des sexes
Propositions et développements rédigés aux points de vue médical, philosophique et théologique

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066336585
Table des matières
PRÉFACE
L’AVENIR DU MARIAGE ou L’USAGE ET L’ABUS DANS L’UNION DES SEXES
CHAPITRE PREMIER
De la préservation de la Grossesse
Simples retards de la Grossesse.
Remise des Grossesses.
SOUS-CHAPITRE PREMIER
L’abus de la lactation.
CHAPITRE DEUXIÈME
Examen critique des moyens employés de nos jours pour éviter la grossesse.
CHAPITRE TROISIÈME.
Détails analytiques intimes et descriptions.
CHAPITRE QUATRIÈME.
Le tableau du désordre.
CHAPITRE CINQUIÈME.
État et étendue des surfaces; leur influence Altérations plus profondes.
CHAPITRE SIXIÈME
Le renversement du bon sens.
CHAPITRE SEPTIÈME
La conséquence de nos fautes et surtout de nos plaisirs
CHAPITRE HUITIÈME.
La part de l’homme et la part de Dieu, ou la liberté de l’homme et ses limites.
CHAPITRE NEUVIÈME.
La part de la nature. Qu’arriverait-il si la nature était livrée à elle-même?
CHAPITRE DIXIÈME.
Le retour aux saines pratiques.
SOUS-CHAPITRE DIXIÈME.
Digression et dissertation sur la grossesse-remède, considérée comme moyen de rétablissement de la santé de la femme, altérée par les abus.
Quelle est l’influence et l’action de la grossesse en elle-même, et comment agit la gestation?
CHAPITRE ONZIÈME
Progrès et décadence. — Conservation du sujet. Propagation du genre.
CHAPITRE DOUXIÈME
Quelles sont les causes des dégradations des charpentes humaines?
CHAPITRE TREIZIÈME
Philosophie, Hygiène, Sélection.
CHAPITRE QUATORZIÈME
La réglementation dans l’union des sexes.
CHAPITRE QUINZIÈME
La préservation de la grossesse dans les cas nécessaires ou réglementation et prophylaxie conditionnelle de cet état, et quelques mots de mise en garde contre la syphilis.
Quelques mots de mise en garde contre la syphilis.
CHAPITRE SEIZIÈME.
Avantages de la méthode de la réglementation de l’union conjugale, et de la phophylaxie conditionnelle de la grossesse.
L’Usage et l’Abus.
RÉSUMÉ DE LA PREMIÈRE PARTIE
MÉTHODE DE LA RÉGLEMENTATION DE L’UNION CONJUGALE.
DES INFLUENCES
UN MOT DE PLUS.
PROPOSITIONS
CHAPITRE PREMIER
De la préservation de la Grossesse.
Remise des Grossesses.
SOUS-CHAPITRE PREMIER
Grossesse anticipée ou subintrante.
Les abus de la lactation.
CHAPITRE DEUXIÈME.
Examen critique des moyens employés de nos jours pour éviter la grossesse.
CHAPITRE TROISIÈME.
Détails analytiques intimes et descriptions.
CHAPITRE QUATRIÈME.
Le tableau du désordre.
CHAPITRE CINQUIEME
CHAPITRE SIXIÈME.
Le renversement du bon sens.
C’est le renversement du bon sens.
CHAPITRE SEPTIÈME.
La conséquence de nos fautes et surtout de nos plaisirs.
CHAPITRE HUITIÈME
La part de l’homme et la part de Dieu, ou la liberté de l’homme et ses limites.
CHAPITRE NEUVIÈME.
Qu’arriverait-il si la nature était livrée à elle-même?
CHAPITRE DIXIÈME.
Le retour aux saines pratiques.
SOUS-CHAPITRE DIXIÈME
Sur la Grossesse-Remède.
CHAPITRE ONZIÈME.
Progrès et décadence. — Conservation du sujet. — Propagation du genre.
CHAPITRE DOUZIÈME.
Quelles sont les causes des dégradations des charpentes humaines.
Telles sont les causes principales de la dégradation des charpentes humaines et de l’affaiblissement de l’espèce.
CHAPITRE TREIZIÈME
Philosophie. — Hygiène. — Sélection.
CHAPITRE QUATORZIÈME
La réglementation dans l’union des sexes.
CHAPITRE QUINZIÈME
CHAPITRE SEIZIÈME.
CONCLUSION
RÉPERTOIRE ALPHABÉTIQUE DÉFINI
A
B
C
D
E
F
G
H
I
L
M
O
P
R
S
T
U
V
PRÉFACE
Table des matières
Il n’y a rien de nouveau sous le soleil, dit-on.
L’Avenir du mariage échappera-t-il à cette loi?
Avec des matières fatiguées, le docteur Gourrier nous présente des aperçus à la fois neufs, saisissants et originaux, dans la bonne acception du mot .
Rien n’est plus vieux que l’usage, rien n’est plus fréquent que l’abus de l’union conjugale; mais aussi, rien n’est plus vital, rien n’est plus actuel, et cette question est toujours à l’ordre du jour.
Cet ouvrage se compose de deux parties:
Dans la première, l’auteur pose en principe la nécessité de la réglementation des fonctions génératrices humaines, tout aussi bien que celle qui préside, aujourd’hui, à la production animale quelconque, sous la domination de l’homme.
C’est la grande question de l’opportunité de la grossesse, dont il retranche l’arbitraire et la mauvaise façon.
Dans la seconde, au contraire, il s’occupe des moyens de favoriser la conception, et d’en combattre tous les empêchements, dans les limites de la raison.
Présentement, il ne s’agit que de la première partie, c’est déjà une page assez large.
Mais, sous un titre modeste, l’auteur cache un but plus élevé.
Ce n’est pas, en effet, la préservation de la grossesse en elle-même, ou la favorisation la plus générale de cet état, en un mot: la conception, ou la non-conception que poursuit, au fond, notre auteur.
Pour lui, ces choses ne sont qu’accessoires.
Ce sont les prémices, ce sont les moyens employés pour arriver à un but considérable, dont il poursuit la conséquence dans la bonne forme et la bonne façon d’agir.
Ce but, ce nom, qui tout naturellement eût dû former le titre de son ouvrage, il l’a trouvé trop ambitieux. Il lui a semblé , comme il le dit lui-même, que pour vaincre, il fallait commencer par combattre, rassembler ou préparer les matériaux de la lutte.
La régénération de notre pauvre machine, la reconstitution des tempéraments sur de larges bases, en commençant par la restauration des charpentes humaines, tel est le problème à résoudre, il est grandiose.
Les moyens d’action sont simples.
Ils consistent: 1° A empêcher la conception qui s’accomplirait dans des circonstances vicieuses et anormales; 2° à favoriser et acquérir la conception normale, régulière, bien acceptée, bien conduite, chez les sujets sains, et dans les meilleures conditions possibles.
C’est en vue de ce résultat que procède et travaille l’auteur.
La délicatesse extrême de la matière, l’oblige souvent à un ton de sévérité qui n’exclut en rien la moralité ni l’attrait que développe, en son ouvrage, l’exposition méthodique de son sujet. Il n’inspirera à personne l’incitation voilée des ouvrages du même genre; car il n’enseigne que le bien, et il a ouvert, contre les abus, une verte croisade.
Le fond du travail se résume en deux cent seize propositions, qui s’adressent à la science, mais que leur développement permet à tous de suivre et de comprendre.
L’auteur y découvre une plaie saignante.
«La vie de la femme s’en va, dit-il, sacrifiée au luxe et aux plaisirs des sens.»
Aussi son livre est-il dédié aux dames, c’est-à-dire au sexe faible et souffrant.
Le rôle considérable de la femme dans l’éducation et la moralisation de la famille n’a pas échappé à l’auteur; et, en s’adressant à elle, il lui décerne simplement l’hommage qui lui est dû.
Ce livre est donc essentiellement améliorateur et conservateur.
Il attire très-fortement parcequ il conserve.
Et, s’il est vrai, comme l’affime la science, que la femme soit, par elle-même, conservatrice du type de sa race; sa santé et la beauté de ses formes ont une très-haute portée.
Tel est, en somme, le livre que nous recommandons aujourd’hui. Telle est la vérité.
Nous n’avons qu’une seule crainte, celle d’en avoir, à son préjudice, affaibli l’expression.
Tous ceux qui ont eu les prémices de cette œuvre, et lui ont donné leur approbation, médecins, magistrats et prélats, tous vous le diront comme nous.
E. L.
RÉGLEMENTATION DE L’UNION CONJUGALE
PREMIÈRE PARTIE
PRÉSERVATION
DE
LA GROSSESSE
DANS LES CAS NÉCESSAIRES
ou
PROPHYLAXIE CONDITIONNELLE DE CET ÉTAT
L’AVENIR DU MARIAGE ou L’USAGE ET L’ABUS DANS L’UNION DES SEXES
Table des matières
RÉGLEMENTATION
DE L’UNION CONJUGALE
EXPOSITION ET PRINCIPES
1.
L’usage d’une fonction, c’est son service normal. son jeu naturel et son exercice modéré.
2.
L’abus, c’est son usage forcé ou tronqué, sa déviation, ou l’écart de sa véritable destination.
3.
De l’usage à l’abus, souvent, il n’y a qu’un pas; il est facile de le franchir, difficile de le juger lorsqu’il s’agit de soi.
4.
La réglementation d’une fonction consiste à obtenir d’elle, à un moment donné, et d’une manière normale ou rationnelle, soit son fonctionnement, soit son repos, selon la nécessité qui se produit.
Il est des fonctions qui ne peuvent jamais se reposer, et sont involontaires. Telles sont: la respiration, la circulation, l’innervation, etc. D’autres chez lesquelles le repos, à un moment donné, devient pour ainsi dire impératif. Elles sont volontaires. De ce nombre sont la génération, la locomotion.
Enfin, il en est d’autres dont le fonctionnement est irrégulier ou intermittent, comme la digestion et ses dérivés, les fonctions sensoriales, telles que la vue, le toucher, etc., qui sont suspendues pendant le sommeil.
Sur ce thème, je pourrais bien écrire de gros volumes.
Rassurez-vous, lecteur; faute de temps, je serai bien plus concis.
Est-ce un mal?
D’ailleurs, cette matière, délayée en pages plus longues, n’en aurait pas plus de valeur.
J’ai pris pour texte l’examen critique du mode des relations sexuelles de notre temps et leurs conséquences.
Je tâcherai de justifier mon titre, en signalant et en combattant les abus, en indiquant les moyens de s’en préserver, en faisant connaître les réformes que nécessitent les usages actuels.
Je terminerai par un coup d’œil sur l’origine des mauvais procédés qui sont entrés dans la pratique journalière et discrétionnaire.
Je m’efforcerai enfin de faire comprendre l’influence du mode actuel des relations sexuelles, au présent, dans la dégradation des tempéraments; et dans l’avenir, au point de vue de l’amélioration de l’espèce.
Ce travail aura donc un but multiple: celui de favoriser la conception et la grossesse, de combattre la stérilité et l’impuissance, comme aussi d’apprendre à préserver la femme de la grossesse dans les cas nécessaires.
Mais surtout, et c’est là que tendent tous mes efforts, le but capital de cette œuvre, c’est la reconstitution, ou du moins la restauration des charpentes humaines. C’est là que conduit la pratique.
Dans les sciences comme dans les moyens, tout s’enchaîne. Cette proposition ressortira claire de la lecture attentive de cet ouvrage.
Cette tâche est élevée, épineuse, je le sais; et mes moyens sont simples dans leur emploi.
Seront-ils à la hauteur des besoins? ce sera à vous d’en juger.
Je serai sobre de paroles, et presque toutes mes phrases ne seront que les anneaux d’une longue chaîne de propositions, apportant avec elles leurs preuves ou leurs déductions.
De mon temps, le cours d’hygiène était, à l’éoole de médecine de Paris, la partie la plus faible de l’enseignement.
Je ne dirai pas que ce livre est destiné à combler partiellement cette lacune; seulement, il traite plus in extenso, le côté du sujet dont je remarquais alors, avec d’autres, l’insuffisance.
Il s’adresse plus spécialement aux élèves avancés et aux jeunes docteurs. D’un autre côté, il renferme, pour tous, l’exposition et l’annonce d’une méthode nouvelle qui, je crois, sera utile à plusieurs dans le cours de leur pratique.
Il affecte la forme brève, en propositions, pour ménager le temps du praticien.
Le développement des propositions est destinée à déguiser leur aridité, ainsi qu’à faciliter à l’esprit, par une analyse succinte, l’exposition de certains faits qui, sans discussion, pourraient sembler obscurs.
Le ton de sévérité dogmatique qui y règne ne réflète pas nécessairement le fonds du caractère de l’auteur. S’il a cru devoir être sévère ici, c’est à cause de la gravité et de la délicatesse extrême du sujet qu’il traite, et des conséquences qu’il entraine.
Un voile de tristesse ne couvre-t-il pas momentanément le front des personnes les plus gaies, lorqu’elles assistent à une triste cérémonie?
Et ne savent-elles cependant, trouver au besoin quelques bonnes paroles de consolation pour les affligés? Dans la consultation et la vie pratique, cette glace se fond; l’homme se révèle avec ses infirmités, et l’auteur redevient l’égal et quelquefois l’inférieur de son client.
Hypocrate disait:
Mulier, propter uterum, tota morbus est.
Ce qui signifie que, chez la femme, ou mieux, chez l’épouse, l’organe de la gestation est une cause incessante de maladie.
5.
Cette proposition sera toujours vraie.
Elle peut être développée dans un sens différent:
La femme porte en elle les organes de la gestation et de la lactation. Par ce fait, son rôle générateur est plus considérable que celui de l’homme. C’est pour cela qu’elle supporte mieux que lui la fatigue de l’acte. La nature l’a munie, à cet effet, d’une grande puissance de résistance, et d’une grande vitalité.
Mais, il est facile de comprendre que, si, par sa nature même, l’épouse est plus exposée à la douleur, elle le sera bien davantage encore, si, dans l’acte conjugal, on fausse le jeu normal de ses organes, si l’on abuse d’eux.
Je commencerai, dans la première partie de ce travail, par examiner et déterminer les cas d’exemption de la grossesse, de sa réglementation et de sa préservation.
J’y joindrai une annexe pour la partie pratitique de l’œuvre. Ce sera la première partie de méthode de la réglementation de l’union conjugale.
Dans la seconde partie, au contraire, je traiterai des moyens de favoriser la conception et la grossesse, de combattre la stérilité et l’impuissance, et je parlerai de l’embryogénésie ou de la formation du sexe chez l’embryon.
Au chapitre de la préservation, je dirai secondairement un mot des maladies contagieuses, ce sera peut-être encore parler pour les époux.
6.
A part la guérison des maladies, le rôle du médecin de la famille n’est-il pas aussi l’hygiène ou la conservation de la santé des époux, au milieu des rapports intimes qui existent entre eux?
J’ai entendu dire quelque part qu’il était toujours temps d’abandonner le péché.
De même, je dirai: il est toujours temps de renoncer à de mauvaises manoeuvres, à des procédés défectueux et dangereux, pour recourir à la pratique d’une appréciation plus saine, en même temps qu’elle est d’une application facile et rationnelle.
Dans ce travail, c’est de la femme surtout qu’il sera question.
7.
La femme est désarmée, la plupart du temps elle est passive.
Ces conditions, ces considérations valent bien quelques études, et lui méritent bien quelques égards.
Quoiqu’il s’adresse à la science, ce livre est donc et surtout le livre des dames, car c’est à la défense du sexe faible et souffrant qu’il est consacré. Et, si le rôle générateur de la femme ne lui avait valu cette préférence, ses qualités lui en auraient certainement attiré l’hommage.
CHAPITRE PREMIER
Table des matières
De la préservation de la Grossesse
Table des matières
CONDITIONS ET MOTIFS
OU CONTRE-INDICATIONS RADICALES.
Le médecin conseille généralement à la femme d’éviter la grossesse dans les cas suivants:
8.
Lorsqu’il la juge nuisible à sa santé.
9.
Lorsque, par suite de sa conformation ou de toute autre cause, le produit de la conception risquerait de ne pouvoir être obtenu vivant et à terme sans danger, soit pour la mère, soit pour lui-même.
Simples retards de la Grossesse.
Table des matières
A part les cas précédents, il en est encore d’autres où la grossesse peut-être simplement retardée. C’est ce que nous appellerons:
La remise de la grossesse.
Remise des Grossesses.
Table des matières
CONDITIONS ET MOTIFS
OU CONTRE-INDICATIONS TEMPORAIRES.
Les motifs de ces remises, ou les contre-indications temporaires de la grossesse peuvent être rangés en deux catégories.
La première comprend les maladies et les causes d’affaiblissement qui concernent les parents; la seconde, celles qui concernent les produits de la conception.
A la rigueur, on pourrait encore former une troisième catégorie, où les mêmes causes se rencontrent à la fois chez la mère et chez l’enfant.
Dans la première catégorie viennent se grouper:
10.
1° L’état de délabrement de la santé de la femme, après une ou plusieurs grossesses dont les suites lui ont été préjudiciables.
2° La convalescence des maladies aiguës, alors que le réveil des sens et des organes génitaux exposerait l’épouse adulte à la conception d’une manière presque infaillible, mais inopportune.
3° Enfin, son âge trop avancé, à cause du travail de l’accouchement et dés fatigues de l’allaitement.
Dans la deuxième catégorie, l’âge de la mère vient encore se représenter, mais à un point de vue différent.
La loi française autorise, il est vrai, le mariage d’une fille à quinze ans. Mais il est reconnu par tous les médecins légistes, qu’en général, les produits issus d’un âge aussi tendre ne peuvent être que débiles ou rachitiques, et qu’il est prudent d’attendre, dans ce cas, que la constitution de la femme se soit développée, raffermie; et cela, tant pour elle-même que pour le produit futur de la conception. «Il ne faut pas que
«l’enfant vienne avant que son berceau ne soit
«convenablement préparé, et avant qu’il n’ait
«des attaches suffisantes.»
11.
Il ne faut pas non plus perdre de vue l’état physiologique des époux au moment de la conception, ni oublier que leurs tempéraments et leurs dispositions à certaines maladies se transmettent facilement aux descendants.
Ici viennent se grouper les dispositions aux affections rhumatismales, goutteuses, scrofuleuses, calculeuses, à l’apoplexie, à l’hypocondrie, à l’hystérie.
Et puis viennent: la folie, le crétinisme, le rachitisme, la phthisie pulmonaire, la syphilis, les cancers de l’utérus et les vices de conformation.
12.
Dans les mariages consanguins, les règlements de grossesses sont encore de mise, car les produits qui en dérivent sont exposés à naître chétifs, mal conformés, sours-muets, en un mot dégénérés; si le médecin, qui est presque toujours consulté dans ces cas-là, ne conseille aux époux un régime sévère et approprié à leur tempérament, avant de procéder régulièrement à l’obtention d’une progéniture .
Il eût été préférable que la loi les interdît; elle eût ainsi tranché bien des difficultés qui nous incombent.
Personne n’ignore qu’on se passe souvent du médecin, et cependant, toutes les conditions ci-dessus énumérées ne peuvent être simplement jugées par la famille, car elles rentrent dans les cas de la médecine la plus épineuse.
C’est assez dire qu’ici cette abstention n’est plus permise.
Nous avons passé en revue les contre-indications de la grossesse, et indiqué celles qui en méritent l’exemption et le règlement. Ces cas sont encore assez nombreux comme il est facile de le voir.
Il nous reste maintenant à parler d’un état intermédiaire qui, sans être pathologique, n’en est pas moins anormal, au point de vue de la conception, et constitue, par ce fait, une complication et un obstacle momentané. Il rentre dans notre cadre.
C’est la grossesse pendant l’allaitement.
Et comme les cas de lactation et de grossesse simultanées se présentent encore assez fréquemment, nous croyons devoir nous y arrêter, et en faire l’objet d’une digression.
Bien que livre soit plus spécialement écrit au point de vue scientifique, nous ne perdons pas de vue cependant que c’est surtout aux époux qu’il doit être utile.
Que serait la science sans application? Ce serait l’expérience sans utilité pratique, sans consécration, et scientia in partibus.