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Auguste Belloc

Compendium des quatre branches de la photographie


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066335953

Table des matières

PRÉFACE

ANNALES DE LA PHOTOGRAPHIE.

I DAGUERRÉOTYPIE

II TALBOTYPIE

III NIEPÇOTYPIE

IV ARCHÉROTYPIE

DAGUERRÉOTYPIE

INTRODUCTION

DES PLAQUES

CHAPITRE PREMIER.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

CHAPITRE II PREMIÈRE OPÉRATION POLISSAGE DE LA PLAQUE.

CHAPITRE III DEUXIÈME OPÉRATION SENSIBILISATION DE LA PLAQUE.

SUPPOSITIONS.

CHAPITRE IV TROISIÈME OPÉRATION IMPRESSION DE L’IMAGE DANS LA CHAMBRE OBSCURE.

CHAPITRE V QUATRIÈME OPÉRATION FORMATION DE L’IMAGE. DANS LA BOITE A MERCURE.

CHAPITRE VI CINQUIÈME OPÉRATION DÉSIODER, LAVER, FIXER L’IMAGE.

CHAPITRE VII COLORIAGE, DES ÉPREUVES

MANUEL OPÉRATOIRE

CHAPITRE VIII PREMIÈRE OPÉRATION

CHAPITRE IX DEUXIÈME OPÉRATION

CHAPITRE X

CHAPITRE XI TROISIÈME OPÉRATION

CHAPITRE XII QUATRIÈME OPÉRATION

CHAPITRE XIII CINQUIÈME OPÉRATION

RÉSUMÉ DES OPÉRATIONS

TABLEAU SYNOPTIQUE

TALBOTYPIE ou PHOTOGRAPHIE SUR PAPIER

INTRODUCTION

PRÉPARATION DU PAPIER NÉGATIF POUR PORTRAITS

MANUEL OPÉRATOIRE

CHAPITRE PREMIER PREMIÈRE OPÉRATION

CHAPITRE II DEUXIÈME OPÉRATION

CHAPITRE III TROISIÈME OPÉRATION

CHAPITRE IV QUATRIÈME OPÉRATION

CHAPITRE V CINQUIÈME OPÉRATION

PAPIER CIRÉ SEC PHOTOGRAPHIE MONUMENTALE

CHAPITRE VI PREMIÈRE OPÉRATION

CHAPITRE VII DEUXIÈME OPÉRATION

CHAPITRE VIII TROISIÈME OPÉRATION

CHAPITRE IX QUATRIÈME OPÉRATION

CHAPITRE X CINQUIÈME OPÉRATION

CHAPITRE XI SIXIÈME OPÉRATION

CHAPITRE XII SEPTIÈME OPÉRATION

TABLEAU SYNOPTIQUE

NIEPCOTYPIE OU PHOTOGRAPHIE SUR VERRE ALBUMINÉ

INTRODUCTION

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

CHAPITRE PREMIER PREMIÈRE OPÉRATION

CHAPITRE II DEUXIÈME OPÉRATION

CHAPITRE III TROISIÈME OPÉRATION

CHAPITRE IV QUATRIÈME OPÉRATION

CHAPITRE V CINQUIÈME OPÉRATION

CHAPITRE VI SIXIÈME OPÉRATION

CHAPITRE VII SEPTIÈME OPÉRATION

TABLEAU SYNOPTIQUE

TRAITÉ DE LA PHOTOGRAPHIE SUR COLLODION

INTRODUCTION

LES OBJECTIFS

CHAPITRE PREMIER

DE LA CHAMBRE NOIRE ET DES CHASSIS-PRESSES POSITIFS.

CHAPITRE II

CHAPITRE III

CHAPITRE IV

DE LA DISPOSITION DE L’ATELIER DE POSE et du mode d’éclairement.

DES COULEURS DES HABILLEMENTS Comparées aux tous de la figure.

DES REPRODUCTIONS

CHAPITRE VII

DU STÉRÉOSCOPE

CHAPITRE VIII

CHAPITRE IX

MANIÈRE D’OBTENIR LE FULMI-COTON

THÉORIE

CHAPITRE X

CHAPITRE XI

NÉGATIF SUR COLLODION

MANUEL OPÉRATOIRE.

CHAPITRE XII

CHAPITRE XV

PHOTOGRAPHIE MONUMENTALE

CHAPITRE XVI

CHAPITRE XVII.

CHAPITRE XVIII

COTON AZOTIQUE ET COLLODION NORMAL

CATÉCHISME DU CHAPITRE, IX.

DU COLLODION PHOTOGÉNIQUE

CATÉCHISME DU CHAPITRE XI.

CATÉCHISME DES PAGES245ET250.

CATÉCHISME DU CHAPITRE XIV.

CATÉCHISME DU CHAPITRE XV.

DU PAPIER POSITIF ET DES ÉPREUVES MÉTHODES DIVERSES POUR LES POSITIFS SUR PAPIER.

DU PAPIER POSITIF ET DES ÉPREUVES.

CHAPITRE XIX

CHAPITRE XX

CHAPITRE XXI

CHAPITRE XXII

DU PAPIER POSITIF ET DES ÉPREUVES

CATÉCHISME DES CHAPITRES XIX, XX, XXI ET XXII.

CHAPITRE XXIII DES ÉPREUVES POSITIVES

VERNIS ROSE.

CHAPITRE XXIV

CHAPITRE XXV

CHAPITRE XXVI ENCAUSTIQUE LUSTRÉE

DES PAYSAGES

ÉLÉMENTS DE CHIMIE APPLIQUÉE A LA PHOTOGRAPHIE.

QUELQUES ÉLÉMENTS D’OPTIQUE APPLIQUÉE A LA PHOTOGRAPHIE

PRÉFACE

Table des matières

Bien convaincu de la vérité de ces deux vers de Boileau:

«Un auteur à genoux, dans une humble préface,

nous nous étions promis d’éviter cet écueil et d’aborder directement le sujet de ce nouveau traité. Mais une circonstance toute particulière et toute personnelle nous oblige à modifier notre premier plan et à nous adresser à nos lecteurs, ni plus ni moins que tous les faiseurs d’avant-propos. Toutefois, ce n’est pas en vue de capter leurs suffrages, d’implorer leur indulgence, ou de leur expliquer, en manière de double emploi, ce qu’ils trouveront amplement dans cette publication, que nous nous donnons la licence du discours préliminaire; nous voulons leur parler ici, non de l’ouvrage, mais de son auteur, de sa nouvelle position dans le monde photographique, et, enfin, leur donner communication d’une nouvelle qui intéresse tous les amis de l’art nouveau. Nous ne savons pas si c’est un droit, mais nous sommes bien convaincu que c’est pour nous un véritable devoir.

Un fait nous a frappé depuis longtemps, c’est que la plupart des échecs qu’éprouvent les photographes dans leur pratique journalière tient bien plus à l’infériorité des produits qu’ils emploient qu’à leur inexpérience ou leur inhabileté. Il n’est pas d’adresse qui triomphe d’un objectif vicieux, et nulle dextérité manuelle ne saurait compenser l’infériorité des substances qui font trop souvent le désespoir de l’opérateur.

Ce qui manque donc réellement aux opérateurs, c’est une garantie sérieuse de la qualité et de l’excellence des produits qui leur sont nécessaires. Les moyens de fabrication existent. Nous avons, Dieu merci! d’habiles opticiens et des chimistes exercés; mais ce n’est pas assez d’être un chimiste habile, il faut encore avoir essayé le produit fabriqué. Or, il suffit du contact de la main inhabile ou malpropre d’un employé pour gâter ce produit. D’un autre côté, le commerce intermédiaire ne se borne pas toujours à prélever son droit de commission. A ce bénéfice légal, il ajoute parfois celui, beaucoup plus illicite et beaucoup plus onéreux, pour ne pas dire funeste, qui résulte de la sophistication des produits, qu’il est chargé simplement de nous transmettre dans toute leur pureté.

Ayant eu, comme tous nos confrères, à souffrir de cet état de choses, nous n’avons pas voulu nous borner à en gémir. Nous avons longuement réfléchi au remède qu’on pourrait opposer à ce mal de plus en plus envahissant, et nous venons humblement faire connaître le résultat de nos recherches. Nous avons fondé une maison de commission et d’expédition, qui se distingue de toutes les autres en ce qu’elle assume la responsabilité des produits qu’elle fournit à ses correspondants. Nous pouvons donc nommer cette maison: MAISON D’ESSAI OU MAISON DE GARANTIE.

Nous pourrions dire avec raison, si depuis longtemps le style des prospectus n’avait pas usé cette formule avant d’en avoir abusé, nous pourrions dire que, dans l’Europe entière, le besoin de cet établissement de garantie se faisait profondément sentir.,

Un établissement de cette nature ne pouvait se réaliser qu’à Paris, qui a le privilège de posséder les meilleures fabriques en tout genre, et où la photographie est parvenue à un si grand perfectionnement.

Notre maison ne se bornera pas, purement et simplement, à l’expédition des produits essayés. Nous entendons bien aussi mettre les résultats de notre expérience au service de nos clients qui pourront, tous les jours, de neuf à onze heures, venir nous demander des renseignements et essayer eux-mêmes les substances qu’ils devront employer, s’ils ne préfèrent nous adresser par écrit des questions auxquelles nous nous empresserons de répondre, dans le but de leur aplanir les difficultés théoriques et pratiques de la photographie.

Pendant leur séjour à Paris, nos correspondants étrangers seront admis dans nos laboratoires, où ils pourront jouir des mêmes avantages.

Enfin, tous nos envois seront accompagnés des instructions nécessaires au meilleur emploi des produits chimiques expédiés.

Si nous ne nous trompons, le grand art de la photographie devra recevoir une impulsion toute nouvelle de ce double concours d’une sorte de collaboration permanente et compétente, et d’une garantie sérieuse de la qualité des substances employées dans les opérations. Puissions-nous ainsi contribuer aux perfectionnements et aux progrès qui lui sont encore réservés!

Telle est la communication que nous avons cru devoir faire à nos lecteurs en manière de préface.

Un mot seulement sur cette nouvelle publication.

Si l’on y retrouve littéralement un certain nombre de formules comprises dans nos précédents ouvrages, c’est qu’elles ont été, pour ainsi dire, consacrées par notre expérience; mais ce traité n’en est pas moins le résumé, la quintessence de tout ce que nous avons publié jusqu’à présent sur l’art de la photographie, et nous espérons que tous nos lecteurs applaudiront au titre que nous donnons à ce volume, et qu’il leur paraîtra pleinement justifié. Un bon abrégé peut faire oublier l’ouvrage qu’il résume. L’histoire de Justin a fait plonger dans l’oubli celle de Trogue Pompée. L’épisode de Manon Lescaut a fait tort aux Mémoires d’un homme de qualité. Ce n’est pas ce genre de gloire que nous souhaitons à notre Compendium, et nous espérons seulement que ce dernier venu saura faire sa place à côté de ses frères aînés.

Quant à la fréquence de ces publications sur le même objet, il faut bien se dire qu’il en est de la photographie comme de la plupart de nos sciences naturelles, dont le développement progressif est si rapide et soutenu depuis un demi-siècle, qu’en quelques années tel traité, parfaitement à la hauteur des connaissances acquises au moment de sa publication, peut être déjà vieux et insuffisant. C’est à la fois l’inconvénient et la gloire de ces sciences qui ont le privilège de passionner l’esprit humain, soit par les jouissances intimes qu’il en peut recevoir, soit par les résultats qu’il en obtient. Or, l’art photographique est identiquement dans les mêmes–conditions.

L’éclat de son passé, la splendeur à laquelle il est parvenu, ne sont peut-être que l’aube de sa gloire future, et l’esprit qui veut en suivre tous les développements doit toujours être en haleine et se tenir au courant de toutes ses évolutions


ANNALES
DE LA PHOTOGRAPHIE.

Table des matières

I
DAGUERRÉOTYPIE

Table des matières

Le premier germe de la photographie date de 1765, lorsque Scheele découvrit que l’argent corné, la lune cornée des vieux alchimistes, le chlorure d’argent fondu des chimistes modernes, jouis sait de la propriété de noircir à la lumière; et cela d’autant plus vite, que les rayons qui le frappaient étaient plus intenses.

Le sol où ce germe pouvait éclore se trouvait déjà prêt depuis que Léonard de Vinci et J.-B. Porta avaient inventé la chambre noire.

Cependant la photographie ne commença à germer que vers la fin du XVIIIe siècle, dans les salles mêmes du Conservatoire de Paris, lorsque le célèbre expérimentateur Charles s’avisa de produire des silhouettes sur du papier lavé au nitrate d’argent, en l’exposant à la lumière dans des conditions voulues pour qu’il s’y produisît des images.

En1802, l’illustre Davy publia, en commun avec M. Wedgewoold, la note si curieuse qui a pour titre: Description d’un procédé pour copier des peintures sur verre et pour faire des silhouettes, par l’action de la lumière sur le nitrate d’argent; note où l’on rencontre ca passage mémorable: «On a essayé aussi de copier des paysages avec la lumière de la chambre obscure., elle est trop faible; mais on peut, à l’aide du microscope, faire copier sans difficulté, sur du papier préparé, les images des objets.»

En1803, le docteur Thomas Young faisait des expériences de photographie, lorsqu’il étudiait et déterminait la position et la largeur des bandes ou des anneaux d’interférence des rayons invisibles, comme l’ont fait, cinquante ans plus tard, M.E. Becquerel, M. Crookes, Stockes, etc.

Malgré tous ces essais, la photographie ne commença à vivre réellement et à prendre corps qu’en 1827, lorsque Joseph-Nicéphore Niepce parvint définitivement à développer, sur des écrans métalliques préparés au baume de Judée, les images de la chambre noire, que l’essence de lavande faisait ap paraître et fixait. Le traité, signé le14décembre 829, entre Niepce et Daguerre, qui dit expressésément que leur association a pour but le perfectionnement de la découverte faite par Niepce, est formulée en ces termes: «Fixer par un moyen nouveau, sans avoir recours au dessinateur, les vues qu’offre la nature; ce nouveau moyen consiste dans la reproduction spontanée des images reçues dans la chambre noire; de nombreux essais constatent la découverte.» Ce même traité prouve jusqu’à l’évidence qu’à cette époque Daguerre ne possédait et ne donnait à la société que le principe sur lequel repose le perfectionnement qu’il a apporté à la chambre noire.

La photographie eut enfin sa réalisation complète le1er décembre1837, quand Daguerre eut résolu le magnifique problème de la fixation des images formées au foyer des lentilles, et arraché à Niepce fils ce cri d’admiration: «Quelle différence entre le procédé que vous employez et celui avec lequel je travaille; tandis qu’il me fallait presque une journée pour faire une épreuve, il vous faut quatre minutes! quel avantage énorme!» Pourquoi faut-il que cette admirable découverte de l’influence qu’exercent les vapeurs de mercure pour faire apparaître l’image latente sur la couche d’iodure, découverte qui n’est en réalité qu’un perfectionnement de la méthode de Niepce, ait amené la clause lamentable du nouveau traité signé entre M. Daguerre et M. Niepce fils: «Le procédé inventé par Joseph-Nicéphore Niepce. et perfectionné par M. Louis-Jacques Mondé-Daguerre, portera le nom seul de Daguerre!» Le monde entier a cru ainsi, et bien à tort, que Daguerre avait le premier reproduit spontanément, par l’action de la lumière avec les dégradations de ton qui vont du blanc au noir, les images de la chambre noire.

Niepce avait créé la photographie proprement dite; Daguerre venait d’en découvrir une application.

Peu de découvertes ont produit une aussi vive sensation que celle de la daguerréotypie. A aucune époque, les amis des sciences et du merveilleux ne manifestèrent une aussi vive curiosité qu’à l’occasion de ces étonnantes révélations. Les brillants rap ports faits devant les deux Chambres par Arago et Gay-Lussac n’étaient pas de nature à refroidir ces vifs sentiments d’enthousiasme et de curiosité: aussi, le palais de l’Institut fut-il envahi par une foule immense le19août1839, jour où les procédés de Daguerre furent enfin divulgués.

Sur la demande du savant secrétaire de l’Académie, une pension annuelle et viagère de6,000fr. fut accordée à Daguerre.

Nicéphore Niepce était mort avant la publication de la belle découverte à laquelle Daguerre venait de donner son nom. Sur les mêmes conclusions du rapporteur, une pension annuelle et viagère de 4,000fr. fut accordée à Niepce fils pour la cession du procédé servant à fixer les images de la chambre noire.

Tombé dans le domaine public, le procédé de Daguerre devait faire de rapides progrès, et bientôt se succédèrent sans relâche les modifications de tout genre apportées aux appareils, à la partie optique, à la partie chimique et aux manipulations de la daguerréotypie. M. le baron Séguier et M. Buron furent les premiers à modifier l’appareil et à le rendre plus transportable. MM. Soleil, Buron, etc., proposèrent la glace parallèle pour redresser les images de la chambre noire. M. Cauche apporta son ingénieux prisme achromatique pour atteindre le même but avec une moindre perte de lumière. Enfin, MM. Breton, Girard, Seguier, Foucault, Daguerre, etc., modifièrent si vite et si ingénieusement les appareils et les manipulations, que la daguerréotypie devint bientôt accessible à tout le monde.

L’année de la découverte était fermée, et, malgré les nombreux perfectionnements qu’il avait subis depuis sa naissance, le procédé de Daguerre était encore bien incomplet. C’est à M.H. Fizeau qu’appartient la gloire d’avoir apporté à cet art naissant le complément indispensable.

Le13mars1840, cet habile physicien présenta à l’Académie des sciences les premières images photographiques fixées et rehaussées de ton; le10août 1840, il fit connaître son procédé si ingénieux, qui consiste dans l’emploi à chaud du chlorure d’or. Placer les images daguerriennes, si fugitives, sous l’égide brillante du plus inoxydable des métaux, c’était un pas immense..

Le1er mars1841, M. Fizeau montra encore une contre-épreuve en cuivre d’une image photographique obtenue par la galvanoplastie. Le24mai suivant, il produisait une épreuve métallique du moule formé par l’image daguerrienne.

Ces expériences tenaient du prodige.

Le7juin1841, M. Claudet découvrit la première en date de toutes les substances accélératrices; il anonça que l’application successive de l’iode et du chlorure d’iode hâtait considérablement la production de l’image; qu’il avait obtenu des portraits en quinze ou vingt secondes. C’était, avec le fixage au chlorure d’or, le complément de la découverte de Daguerre.

Le21janvier1841, M. Fizeau proposa, comme agent accélérateur, une dissolution très étendue de brome dans l’eau, ou l’eau brômée titrée. La durée de la pose, avec la chambre obscure de Daguerre, fut– ainsi réduite à un quart de minute. On vit paraître ensuite tour à tour la liqueur accélératrice de Reizer, la liqueur hongroise, etc.; enfin, en1845, le bromure de chaux de M. Bingham, le double iodage de M. Laborde, improprement qualifié de procédé américain, le chlorobromure de chaux de M. le baron Gros, etc. M. Donné publia, le15juin1840, le premier procédé de gravure des images photographiques sur métal; quelques mois plus tard, M. Fizeau donna une solution meilleure, mais imparfaite encore, de ce difficile problème, poursuivi aussi par MM. Berres et Grove.

Le7février1848, M. Ed. Becquerel obtint la pre mière image photographique colorée du spectre solaire. Le30septembre1850, M. Niepce de Saint-Victor perfectionna les procédés de M. Ed. Becque rel et produisit des images colorées, de gravures d’abord, de poupées plus tard. un Américain, M. Hill, annonça avec fracas, en1851, qu’il avait découvert le moyen de fixer avec leurs couleurs naturelles toutes les images de la nature; malheureusement, cette grande découverte n’a abouti qu’à un immense canard.

L’optique, pendant ce temps, n’était pas restée en arrière, et, tandis que les chimistes et les opérateurs entraient plus avant dans la voie du progrès, les physiciens dotaient la photographie d’excellentes lentilles et ne contribuaient pas peu à ses progrès. En 1841, M. Ettingshausen, professeur de physique à Vienne (Autriche), avec le concours du professeur Petzval, trouvait une formule pour la construction des lentilles accouplées, dites à portrait, qui, exécutées par l’opticien Voigtlander, répondirent parfaitement aux prévisions théoriques des deux savants. En France, MM. Lerebours, Buron et d’autres marchaient dans la même voie, et bientôt la photographie se trouva en possession d’appareils optiques permettant d’obtenir le portrait sans déformations et sans difficultés.

Nous ne saurions nous tirer d’embarras si, voulant résumer les développements ultérieurs de la photographie, nous ne considérions pas isolément les trois autres branches: la photographie sur papier ou Talbotypie, la photographie sur verre albuminé ou Niepçotypie, la photographie sur verre collodionné ou Archérotypie.

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0+
Release date on Litres:
15 January 2025
Volume:
285 p. 26 illustrations
ISBN:
4064066335953
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Bookwire
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