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Alexis Perrey

Documents sur les tremblements de terre et les phénomènes volcaniques au Japon


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066305154

Table des matières

PREMIÈRE PARTIE.

Ile Formose.

Iles Lou-Tchou.

Iles Bonin .

Ile Tanega-sima.

Ile Iwo-sima.

Ile Kiou-siou.

Ile Firando.

Ile Niphon.

Ile Noki-sima.

Ile Coosima.

Ile Ohosima.

Ile Jezo.

Presqu’île de Corée.

DEUXIÈME PARTIE.

CATALOGUE DES SECOUSSES.

PREMIÈRE PARTIE.

Table des matières

Ile Formose.

Table des matières

«La fréquence des tremblements de terre qui se font sentir avec tant de force dans l’île de Formosa, peut donner lieu de supposer que la chaîne volcanique des Philippines se perd sous le continent de la Chine.» Telles sont les seules lignes que de Buch consacre à l’île de Formose (Description des îles Canaries, p. 439 de la traduction française).

De Humboldt qui, dans son dernier travail sur les volcans, la rattache aux îles de l’Asie Méridionale, n’est guère plus explicite. «Nous comprenons, dit-il, sous cette dénomination l’île de Formose (Thaï-wan), les Philippines, les îles de la Sonde et les Moluques. Klaproth nous a fait connaître le premier les volcans de Formose, d’après les sources chinoises, toujours si abondantes en descriptions minutieuses de la nature. Formose contient quatre volcans, parmi lesquels le Tschy-kang, ou Montagne-Rouge; qui a eu de grandes éruptions enflammées, et sur lequel existe un cratère-lac rempli d’eaux brûlantes.» (Cosmos, t. IV, p. 421 de la traduction française).

Voici les renseignements que je trouve dans un article de Klaproth, sur l’île Formose, et auxquels de Humboldt fait allusion.

«Le Phy-nan-my-chan, au sud-est de Fung-chan-hian, est une montagne très-élevée et couverte de pins. On dit que, pendant la nuit, on y distingue une lueur qui ressemble à du feu; peut-être est-ce un volcan... .

» Le Tchy-kang ou la Chaîne-Rouge est au sud de Fungchang-hian. Il s’y trouve un lac dont l’eau est chaude: on dit que sa cime, éloignée de 140 ly de la ville, a autrefois vomi du feu .

» Le Ho-chan ou Mont de feu, au sud-est de Tchou-lo-hian, est rempli de pierres entre lesquelles coulent des sources dont les eaux produisent constamment des flammes. Il paraît par conséquent, que la terre, dans cet endroit, contient beaucoup de naphte, ou que ses exhalaisons sont du genre de celles de la Pietra-Mala, dans les Apennins, ou du voisinage de Bakou, sur les bords de la mer Caspienne, qui donnent continuellement du feu .

» Le Lieou-houang-chan, ou Mont de soufre, s’étend au nord de la ville de Tchang-houa-hian jusqu’à Tan-chouy-tching. On voit continuellement des flammes à sa base; les exhalaisons sulfureuses sont si fortes qu’elles peuvent étouffer un homme. On extrait une grande quantité de soufre des terres de cette montagne.» (Ann. des Voyages, t. XX, (t. IV de 1823), p. 203-206).

Tels sont les quatre volcans ou pseudo-volcans qu’a fait connaître Klaproth et que de Humboldt a signalés dans ses Fragments asiatiques, p. 82.

Plus tard, dans une lettre adressée à M. Arago et insérée aux Comptes rendus, t. X, p. 832-834 (1840), M. Stanislas Julien donne des extraits d’une Histoire abrégée de la pacification de l’île de Thaï-wan ou de Formose, parmi lesquels se trouve l’article suivant intitulé Ho-chan (littéralement Feu-montagnes), c’est-à-dire volcans.

«Il y a deux volcans dans l’île de Formose; tous deux se

» trouvent compris dans les limites du district de Tchou-lo-hien.

» L’un est situé au nord de Pantsiouen (c’est actuellement le

» district de Tchang-hoa-hien), à l’est des deux montagnes ap-

» pelées Miao-lo-chan et Miao-wou-chan. Pendant le jour, il

» s’en élève constamment des colonnes de fumée, et pen-

» dant la nuit, il répand au loin une lueur éclatante. Il se

» trouve dans la partie de l’île habitée par des tribus sau-

» vages que l’on n’ose aborder.»

Cette description, si elle est exacte, indique évidemment un volcan actif. Elle paraît s’appliquer, suivant M. Stanislas Julien lui-même, à la montagne indiquée plus haut sous le nom de Lieou-hoang-chan, que le savant orientaliste français décrit ainsi: «Elle est située au nord du district de Tchang-hoa-hien, tout près de la ville de Tan-chouï-tchhing, ou la ville de l’eau douce. Suivant une ancienne géographie, il existe, au pied de cette montagne, un foyer brûlant qui projette une lueur éclatante. Quand le soleil y darde ses rayons, il s’en échappe des vapeurs qu’on ne peut respirer sans danger. On fait bouillir la terre (de cette partie de la montagne) et l’on en extrait une grande quantité de soufre.» L. c. p. 834).

«L’autre volcan, dit M. Stanislas Julien (L. c. p. 833), fait partie du rameau gauche qui s’étend au sud de la ville principale dé ce district; il est situé derrière le mont Yu’-an-chan ou Mont de la Table de Jade.» D’après cette position, c’est évidemment le Ho-chan.

A ces documents empruntés aux livres chinois se bornent nos connaissances sur les volcans de l’île Formose, dont l’intérieur n’a pas encore été exploré. M. Berghaus n’a fait que traduire Klaproth , dans le 47e chapitre de sa Géographie. M. Landgrebe, dans son Histoire naturelle des Volcans , ne donne pas d’autres détails; seulement il change l’ordre des deux premiers. Suivant lui, le Tschy-kang est le plus méridional des quatre; vient ensuite le Phy-nan-my-chan, situé sur la côte sud-est, puis le Ho-chan qui se trouve à peu près sous le tropique du Cancer, et enfin le Lieou-houang-chan, le plus septentrional qui s’élève sur l’axe central de la chaîne longitudinale.

M. W. Hermann n’en marque que trois sur sa carte volcanique , et, chose curieuse, c’est le Tchy-kang qu’il supprime, c’est-à-dire celui que de Humboldt signale dans son dernier travail sur les volcans. Du reste, il place les autres dans l’ordre indiqué par M. Landgrebe.

M. le baron Ferdinand de Richthofen vient de publier un Mémoire très-intéressant sur cette île encore inconnue au point de vue géologique. J’en traduirai ici quelques passages.

«La frégate prussienne la Thétis ayant visité le havre de Tamsui, sur la côte septentrionale de l’île, j’ai profité, dit-il, de cette heureuse occasion pour en étudier les roches, et quoique la relâche n’ait été que d’un jour, j’ai pu faire des observations qui ne me paraissent pas dénuées d’intérêt.

«Formose est formée par une haute chaîne de montagnes qui s’élèvent jusqu’à 12000 pieds de hauteur au-dessus du niveau de la mer. Cette évaluation n’est pas fondée sur des mesures hypsométriques; mais elle est probable, puisque les plus hauts sommets restent couverts de neige pendant la plus grande partie de l’été. Généralement leurs flancs sont abruptes, et dans quelques endroits, comme au village de Chocke-day, sur la côte orientale, elles forment des falaises escarpées de six à sept mille pieds.

» En approchant de la côte nord-ouest, on aperçoit, de la mer, deux hautes montagnes isolées, entre lesquelles se trouve l’embouchure de la rivière Tamsui; à droite et à gauche, s’étend un plateau de quatre à cinq cents pieds d’altitude. Les caries marines dressées par les Anglais portent la hauteur de la montagne du nord à 2800 pieds, et celle du sud à 1720. La première paraît être l’origine d’un groupe qui s’étend très-loin a l’est; celle du sud est la plus petite, plus abrupte et semble isolée. Toutes deux rappellent par leurs formes les montagnes trachytiques. Nous venions de visiter Nangasaki, qui est environnée de montagnes de cette nature, et la ressemblance est frappante.

» ROCHES DE LA PÉRIODE TRACHYTIQUE. — 1. Trachyte. Ce que la forme des deux montagnes (situées à l’embouchure de la rivière Tamsui), fait soupçonner de leur composition trachytique, est parfaitement confirmé, pour celle du nord, par le grand nombre de blocs qui s’en sont détachés; et je ne peux guère douter que celle du sud ne soit formée des mêmes roches. Ces blocs sont composés de deux espèces de trachytes. L’une, qui l’emporte par le nombre, est un trachyte avec hornblende et oligoklas, sans sanidine et sans augite. La pâte grise, à grains, abonde en cristaux isolés. L’amphibole est d’un rouge brun sombre et s’écaille facilement en aiguilles de deux à six lignes de long. Leur disposition est toute particulière. Quand on brise la roche, on aperçoit à la surface de la cassure des stries très-brillantes, formées par les cristaux qui se croisent dans toutes les directions. L’oligoklas est d’un blanc verdâtre; les cristaux sont plus petits que ceux de l’amphibole; mais leur disposition est à peu près la même. Sur la même cassure où brillent les stries amphiboliques, on voit l’oligoklas former de petites taches arrondies, moins brillantes et parfois visibles sans aucun éclat. — Ces deux minéraux impriment à ce trachyte un cachet caractéristique. On y rencontre encore un autre minéral dur et verdâtre qui réclame un examen ultérieur. La roche a dans son ensemble une cassure irrégulière, plus facile dans le sens des stries brillantes et cristallines dont je viens de parler, difficile et écailleuse suivant les autres directions. Les influences météorologiques ont exercé un double effet à la surface, dont se détachent de petites écailles d’un gris de rouille et de l’épaisseur d’une feuille de papier, tandis qu’à l’intérieur elles forment des lamelles d’un brun rouge sombre, épaisses d’une ligne; la différence est parfaitement tranchée.

» La deuxième espèce de trachyte est basaltique, très-cassante, à écailles planes avec des angles tranchants; elle est formée d’un mélange minéralogique à grains fins et d’une teinte d’un gris noir, dans lequel se distinguent des cristaux irréguliers et cassants d’une augite transparente qui a la teinte vert-foncé du poireau. Les agents atmosphériques ont exercé la même influence sur cette espèce que sur la première, seulement elle est moins profonde, et la teinte de rouille est d’un brun plus jaunâtre.

» Je ne puis pas dire quel est celui de ces deux trachytes qui est le plus abondant. On y remarque encore beaucoup d’autres éléments, mais tous paraissent subordonnés.

» 2. Conglomérat trachytique grossier. — En plusieurs endroits de la côte, près de Ho-bi, se montre un conglomérat grossier, qui paraît former la base des dépôts sédimentaires dont sont composées les collines, et qui contient de nombreux fragments anguleux des deux trachytes dont nous venons de parler. C’est une masse dure, de nature trachytique, dans laquelle on reconnaît à la fois des couches de matière éruptive qui a probablement coulé, et des tuffs qui sont venus les recouvrir. La solidité de la pâte est trop grande pour un simple dépôt sédimentaire, et son étendue trop plane et unie pour être d’origine purement éruptive. Le niveau auquel apparaît cette roche est le même sur une immense surface; ce n’est que sur la côte qu’on en trouve des blocs désagrégés; on en voit un grand nombre à droite de l’embouchure de la rivière Tamsui.

» 5. Tuffs trachytiques. — Ils sont colorés en brun-rougeâtre et forment une masse terreuse qui indique une décomposition déjà avancée. Je ne les ai vus nulle part dans leur forme primitive. Ils composent les collines superposées aux conglomérats précédents. Mais on y reconnaît encore assez exactement la structure et les couches horizontales de cette formation. Quelques-unes de ces couches sont remplies de blocs trachytiques; ceux-ci sont aussi altérés et changés en une masse terreuse qui forme un ciment par lequel sont réunis divers minéraux décomposés et entassés en couches épaisses de couleur blanc-jaunâtre. C’est à ces tuffs désagrégés par les agents météorologiques que les environs de la rivière Tamsui doivent leur fertilité qui se montre dans des cultures nombreuses et variées.

» Ces trois formations de la période trachytique constituent la région du havre de Tamsui. Les tuffs y ont pris une extension extraordinaire. A en juger par la puissance uniforme des couches qui forment les montagnes et leur position horizontale et non bouleversée, il est plus que probable que le vaste plateau qui s’étend le long de la côte, au sud-ouest d’Ho-bi, est également composé des mêmes tuffs.»

L’auteur rapporte la formation de ces montagnes trachytiques, des conglomérats et des tuffs à l’époque tertiaire. Elle aurait été suivie d’un affaissement du sol, auquel aurait succédé un nouveau soulèvement, lequel paraît se continuer encore aujourd’hui d’une manière lente.

Suivant le lieutenant Preble du Macedonian, la petite Kilung, située à l’entrée du port de même nom et haute de cinq à six cents pieds, serait volcanique. M. Jones dit qu’elle est formée de syénite.

L’auteur donne de nombreux détails empruntés à la relation d’une excursion faite en 1858, dans l’intérieur de l’île, par M. Svinhoe, qui l’a publiée dans le Journal of the North China branch of the Asiatic society, n° 11, mai 1859 ; mais aucun n’est relatif aux volcans. Il dit seulement, après avoir parlé des mines de soufre situées entre Tamsui et Kilung: «D’après la description qu’en donne M. Svinhoe, ce qui reste de l’ancienne activité volcanique ne laisse aucun doute; mais quoi qu’en ait dit Klaproth, c’est plutôt une solfatare qu’un véritable volcan encore actif.»

Enfin il termine son intéressant travail par les conclusions suivantes:

«La partie la plus septentrionale de Formose consiste à l’intérieur en montagnes anciennes dont les nombreux blocs, disposés dans le lit de la rivière Tamsui, indiquent clairement la nature trachytique. Mais la côte paraît exclusivement formée de produits éruptifs de l’époque tertiaire qui, en partie, reposent sur les hautes montagnes trachytiques, en partie s’étendent fort loin de ces montagnes sous forme de tuffs éruptifs, et en partie forment un puissant système de tuffs sédimentaires. Ces derniers constituent un immense plateau, couvert de collines, qui embrasse les montagnes situées auprès de la rivière Tamsui, s’étend au sud-ouest vers Namkan-Point et Paksa-Point, et va, en s’abaissant, former un plateau plus bas, dans lequel se trouvent compris le port de Kilung et ses dépôts de charbon de terre.

» Des traces d’ancienne activité volcanique, qui se manifeste encore dans les dernières phases de son action, se rencontrent dans les mines de soufre, non loin de la pointe nord de l’île.

» Les formations récentes prouvent, tant au havre Tamsui qu’à Kilung, que le sol est encore aujourd’hui soumis à un mouvement de soulèvement lent, comme dans l’archipel des Lou-Tchou et à l’île Kiou-siou.»

Iles Lou-Tchou.

Table des matières

«Nous ne connaissons pas encore assez, dit M. de Humboldt, l’archipel de Lieou-Khieou (Lieu-Khieu, Loochoo), situé entre l’île de Formose et le Japon, pour avoir une idée exacte des volcans qu’il peut contenir. Nous savons seulement qu’il y en a dans sa partie septentrionale, où l’on rencontre l’île du Soufre (Schwefel-Insel en allemand, Loung-houang-chan en chinois), située au NE de la grande île de Lieou-Khieou, au 27°50’ lat. N, et 125° 25’ long. E de Paris. L’île du Soufre est aussi appelée Yeou-kia-phou ou le Rivage-des-Bannis. Le volcan qui y produit une immense quantité de soufre, est situé dans sa partie NO; il vomit constamment de la fumée et des vapeurs sulfureuses, qui sont quelquefois si fortes, que l’on ne peut s’approcher du mont du côté d’où le vent souffle. Les rochers qui entourent ce volcan sont de couleur jaune, mêlée de bandes brunes. La côte méridionale est formée de hauts volcans d’un rouge foncé ; l’on aperçoit sur sa surface quelques espaces d’un vert clair. Dans le gros temps, il est difficile de débarquer sur cette île, parce que la mer brise avec une violence extrême sur les rocs escarpés qui la bordent. Le Loung-houang-chan ne produit ni arbres, ni riz, ni plantes potagères; on y trouve beaucoup d’oiseaux et la mer est très-poissonneuse. Cette île est habitée par une trentaine de familles de bannis qui reçoivent leur subsistance de la grande Lieou-Khieou; ils s’occupent à recueillir le soufre.»

M. de Buch y voit plus qu’une simple solfatare; il regarde cette île comme le siège d’actions volcaniques très-énergiques.

Klaproth en a publié une carte spéciale dès l’année 1824 (Ann. des Voyages, t. XXI, p. 312), et c’est à lui que de Humboldt emprunte les détails que je viens de donner et qu’ont reproduits tous les auteurs qui se sont occupés de la géographie des volcans.

A. de Humboldt revient sur ce sujet dans le dernier volume du Cosmos et sépare cette île de l’archipel des Lou-Tchou.

«Du pic Horner (Caimon-ga-take), situé sur la côte sud-ouest de l’île Kiou-siou, dans le royaume insulaire du Japon, dit-il, part un arc de cercle décrit par une rangée de petites îles volcaniques dont l’ouverture est tournée vers l’ouest, et qui renferme (du nord au sud), entre les détroits de Diemen et de Colnett, Jakouno-sima et Tanega-sima; au sud du détroit de Colnett, dans le groupe des Linschoten de Siebold (l’archipel Cécile du capitaine Guérin), qui s’étend jusqu’au 29me parallèle, l’île Souwase-sima (l’île du Volcan du capitaine Becher), située par 29° 39’ de latitude, 127° 21’ de longitude, et qui s’élève, d’après de la Boche-Poncié, à 2630 pieds ou 855 mètres de hauteur; puis l’île du Soufre de Basil-Hall (Sulphur-Island), appelée Tori-sima ou île des Oiseaux par les Japonais, Loung-houang-schan par le Père Gaubil, et située par 27° 51’ de latitude, 125° 54’ de longitude, d’après les mesures astronomiques du capitaine de la Roche-Poncié (1848). Comme cette île porte aussi le nom d’Iwo-sima, il faut prendre garde de la confondre avec son homonyme, située plus au nord dans le détroit de Diemen. L’île de Soufre a été bien décrite par Basil-Hall . En s’avançant vers le sud, entre le 26me et le 27me parallèle, on rencontre le groupe des Lieou-khieou ou Lew-chew, appelé Loo-choo par les indigènes. Enfin, vers le sud-ouest, se trouve le petit archipel de Madschiko-sima, qui s’étend jusqu’à la grande île de Formose et que je considérerai comme l’extrémité des îles de l’Asie orientale.» (IV, 420).

Je placerai ici l’archipel volcanique de Magellan dont plusieurs îles ont été colonisées’ par les Japonais. Cet archipel est peu connu; mais sa constitution volcanique le rattache évidemment au Japon qu’il relie aux îles Mariannes dont, cependant, je ne m’occuperai pas dans ce Mémoire.

Iles Bonin .

Table des matières

«Dans les îles Bonin, appelées Bouna-sima par les Japonais, et situées entre 26° 30’ et 27° 45’ de latitude, sous le méridien de 139° 55’, l’île de Peel possède plusieurs cratères entourés d’une grande quantité de soufre et de scories, qui paraissent éteints depuis peu de temps.» (Cosmos, IV, 421).

«L’île Peel, dit Postels, est coupée par quelques séries de montagnes dont la direction est irrégulière et dont la hauteur ne dépasse pas 900 pieds anglais. Elles sont, jusqu’aux sommets, convertes de la plus riche végétation et offrent à la fois les plantes de la zone torride et celles de la zone tempérée. Le rivage est garni presque partout de parois de rochers nus qui tombent immédiatement à pic dans la mer. Ce n’est que dans peu d’endroits que l’on voit un bord étroit qui est couvert de sable de corail et de blocs de rochers, dispersés isolément çà et là. Plusieurs pointes de rochers saillantes forment des anses dont la plus considérable, nommée Lloyd, se trouve sur le côté occidental et est enfermée par des montagnes. Entre les séries de montagnes se trouvent de profonds ravins et des vallées qui offrent un écoulement aux eaux que produit l’atmosphère, lesquelles, en se réunissant, forment des ruisseaux et, par des ravins latéraux, se déversent dans la mer dans toutes les directions. Le fond de la mer, à l’en tour de l’île, est couvert de coraux qui forment des écueils d’une étendue assez considérable.

» L’origine de cette île est volcanique: le basalte, en variétés nombreuses, en forme le noyau. Le port Lloyd, où le Séuiavine mouilla, est le seul point sur lequel j’ai pu faire des recherches plus spéciales. Le basalte, tant compact que poreux, y domine en formant des couches irrégulières et alternantes. Le premier se trouve cependant plutôt dans les enfoncements et s’offre souvent en séparations prismatiques, dont le diamètre ne dépasse pas 1 pied 1/2. Ces prismes gisent tantôt horizontalement, tantôt perpendiculairement; dans le dernier cas, ils forment un beau pavé qui laisse apercevoir distinctement, à chaque prisme isolé, cinq ou six pans. Lorsque le basalte compact forme à lui seul de grosses masses, il est gris, à gros grain et renferme de petits cristaux de pyroxène. Lorsqu’il alterne avec le basalte poreux, il se présente noir et à petit grain, et renfermant çà et là des octaèdres de fer magnétique. Les couches sont pour la plupart inclinées, sans indiquer d’angles déterminés; on ne les trouve que rarement perpendiculaires. A quelques parois se montre le basalte compact en grosses masses arrondies, de 7 à 8 pieds de diamètre, et renfermées dans de l’argile rouge et grise.

» La partie méridionale de l’anse se distingue par une colline haute de 150 pieds, qui tombe abruptement vers l’O, et dont le pied est fortement baigné par les vagues de la mer. Ici le basalte se présente en boules de la grosseur d’une noisette jusqu’à 7 pouces en diamètre; elles sont intimé-ment liées à une masse argileuse de couleur foncée; quelques-unes sont traversées de pores plus ou moins gros; d’autres sont parfaitement compactes. Dans les unes comme dans les autres, on observe, en les brisant, des enveloppes concentriques qui renferment un noyau compact. Tandis que ces boules endurcies ont résisté aux influences extérieures, la masse cimentaire qui les entoure est lâche, friable, et se réduit en une terre grasse. On y voit des nids de calcédoines et des filons de quartz qui coupent la roche en diverses directions; le quartz se distingue par sa couleur verdâtre. Au nord de ce rocher, le basalte prismatique se montre de nouveau. Sur le penchant de la montagne, il est décomposé en argile grasse et couverte de végétation, tandis que vers le rivage de la mer, il est nu et divisé par des fissures; c’est ainsi qu’il s’étend bien avant dans la mer où, par un temps serein, on peut encore l’apercevoir à des profondeurs considérables, entre des buissons de corail isolés. Traversant une petite anse dirigée vers l’est, il se présente de nouveau sur le rivage opposé de l’anse, où il forme des séparations colonnaires.

» A l’extrémité de l’anse est un rocher isolé, d’environ 80 pieds de hauteur, qui a été séparé de la masse principale de l’île par la violence des flots et par des tremblements de terre. Le basalte amygdaloïde en forme la masse principale; il s’y trouve des sphéroïdes de calcédoine, de l’agate, du zéolite, du stilbite et de la terre verte qui remplit les cavités. A la marée basse, on parvient à pied sec, par-dessus des débris de structure pareille à celle de ce rocher, jusqu’à la terre ferme où se trouve la même roche, qui cependant, ayant plus souffert des influences extérieures, ne montre plus que des traces de ces parties constituantes, renfermées dans une argile vert-jaune. L’espace entre ce rocher et l’île, ainsi que les rivages qui y touchent, jusqu’à quelques centaines de pieds vers l’intérieur, sont les seuls points où j’ai rencontré principalement de la véritable lave poreuse, de l’obsidienne et du pechstein en masses assez considérables. Ces masses, cependant, ne se trouvent toujours que disséminées isolement, de sorte qu’on ne peut découvrir aucune trace de torrent de lave. La lave contient souvent de beaux cristaux d’olivine et de pyroxène. La pierre ponce se montre non-seulement ici, mais encore en beaucoup d’endroits, dans l’intérieur de la forêt; elle est en monceaux isolés et arrondis dont la circonférence ne dépasse jamais un pied.

» Les autres parties de l’île étaient ou impraticables ou trop éloignées, de sorte que la roche qui les constitue ne pouvait être examinée. Mais, à en juger par le caractère extérieur des montagnes et des parois de rochers, elles sont formées d’une roche parfaitement analogue à celle de l’anse Lloyd.

» Cette île, en automne et en hiver surtout, est sujette à de violents tremblements de terre; c’est alors aussi que règnent de furieuses tempêtes qui poussent au loin dans le pays les vagues de la mer, et causent la destruction des rochers et des forêts.

» Les îles situées au nord de Peel et devant lesquelles nous cinglâmes, ne présentent que d’immenses rochers à flancs perpendiculaires et à sommets irréguliers. Ils sont composés, selon toute apparence, de basalte compact et de basalte amygdaloïde. .»

La formation des îles Bonin est trappéenne, dit le commodore Perry. On y trouve des traces évidentes d’une ancienne action volcanique. On y éprouve encore aujourd’hui, au dire des anciens résidents, deux ou trois tremblements de terre chaque année.

Il paraît que le port Lloyd (île Peel) n’est que le cratère d’un ancien volcan qui a soulevé les collines voisines; l’entrée actuelle du port n’est qu’une profonde crevasse qui s’est faite dans le flanc du cône et qui a donné passage à une coulée de lave qui s’est jetée dans la mer. Les eaux l’ont ensuite remplie et les dépôts qu’elles y ont laissés ont, avec la formation corallienne, donné au fond et aux bords du port sa forme actuelle .

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16 January 2025
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121 p. 2 illustrations
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