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Maurice de Gasté
Le modèle et les allures

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066323981
Table des matières
AVANT-PROPOS
PREMIERE PARTIE
I. — DU MODÈLE.
II. — DE LA PEAU.
III. — DES TISSUS.
A. — Tissu musculaire.
B. — Des os.
IV. — DE LA LOCOMOTION.
A. — De l’équilibre.
B. — Du centre de gravité.
C. — De l’impulsion.
V. — TYPES DE MOTEURS.
DEUXIÈME PARTIE
I
De la tête et de l’encolure.
II
A. — Du garrot.
B. — Du dos.
C. — Du rein.
III
T. — MEMBRES ANTÉRIEURS.
II. — MEMBRES POSTÉRIEURS
TROISIEME PARTIE
I
A. — De la progression et de la production de la vitesse.
B. — Des allures.
C. — Le pas.
D. — Le galop.
E. — Le trot.
F. — Parallèle entre le trot et le galop, considérés comme allures de vitesse.
II
TABLE DE MENSURATION
EXPLICATION DU SCHÉMA DE LA DÉFORMATION DU TYPE TROTTEUR EN MOINS D’1’40” .
MANIFESTATIONS VISIBLES DE LA DÉFORMATION DU GRAND TROTTEUR.
LA FAILLITE DU TROTTEUR NORMAND COMME CHEVAL DE SELLE
AVANT-PROPOS
Table des matières
Il y a fort longtemps déjà que j’ai accusé la sélection exclusive par le trot de coursé d’amener dans le modèle du cheval normand des modifications telles qu’elles constituaient une véritable déformation.
La théorie que j’émettais était toute d’intuition, je le reconnais. Elle n’était basée ni sur des constatations certaines ni sur des observations scientifiques.
M. Barrier, actuellement directeur de l’école d’Alfort, avait donc beau jeu pour la réfuter, ce qu’il crut devoir faire dans le Bulletin de médecine vétérinaire, du 15 mars 1898; il combattait un adversaire sans armes.
Combien je me félicite aujourd’hui de l’intervention de M. Barrier! En me réfutant, le célèbre professeur m’a forcé à travailler, à étudier; j’ai pu ainsi découvrir certains faits que je ne soupçonnais pas, préciser des points fort intéressants, qui, sans le choc de la discussion, seraient restés dans l’ombre.
En effet, pénétré de l’exactitude des accusations que j’avais produites, j’ai eu à cœur de les vérifier expérimentalement, et, une fois pour toutes, de bien mettre les choses au point.
Pour arriver à ce résultat, j’ai tout d’abord consciencieusement étudié les ouvrages de MM. Jacoulet et Chomél, Le Hello, Goubbaux et Barrier, Alasonière, Vallon, Samson, Le Noble du Teil, capitaine Dumas, Nicard, etc., etc.
Lorsque j’ai pensé que le léger bagage scientifique que j’avais acquis était suffisant pour chercher et déterminer la vérité, j’ai fait construire un arthrogoniomètre et je me suis mis en campagne. J’avais le projet de mensurer plus de trois cents chevaux appartenant à six types différents, afin de pouvoir les comparer les uns aux autres, et livrer ensuite mes mensurations au public.
Je commençai par une vingtaine de pur sang pour passer ensuite aux trotteurs.
Dès maintenant, je veux adresser un remerciement aux éleveurs normands, qui, de la meilleure grâce, ont mis leurs sujets d’élite à ma disposition. La franche amabilité dont j’ai été l’objet dénote chez eux un esprit ouvert, large, ami du progrès et de la vérité.
Après avoir mensuré Réséda, Senlis, Ergoline, Hémine, Avize et Moonlighter, je comparai les mensurations obtenues avec celles que j’avais relevées sur les chevaux de pur sang. Les variations n’étaient vraiment sensibles que pour un seul rayon: mais là, la différence était constante et très importante. Je pensai avoir trouvé la déformation cherchée.
Je ne me trompais pas.
Dans plusieurs écuries dont j’examinai les élèves, j’ai pu pronostiquer d’une façon exacte la carrière future de quelques poulains que je mensurai accidentellement, car je cherchais surtout à étudier des chevaux dont le record était connu.
Ainsi, les mensurations faites aux Rouges-Terres m’ont désigné comme grands trotteurs, Tosca (Harley et Hémine), qui, malade, n’a pas couru; Travailleur, qui a un record de 1’34”, et le fameux Trinqueur. En revanche, j’ai pu déclarer que Taverny, par Fuschia et la mère de Nabucho, ne serait pas un grand trotteur: il n’a trotté qu’en 1’43”.
Chez James, j’ai signalé Tivoli aux bons soins de cet entraîneur. Chez Juhellet, j’ai destiné un fils de Levraut, sur lequel son propriétaire comptait, à ne pas faire mieux que le kilomètre en 2’ : il n’a jamais dépassé cette vitesse. Quant à Ténébreuse, j’augurai alors fort mal de sa carrière: une connaissance plus approfondie des lois de la locomotion me révéla plus tard l’artifice qui lui permit d’être un des meilleurs performers de sa génération.
Un sympathique anonyme me présentait un jour un poulain de la plus illustre origine et me disait qu’il le considérait comme devant être le crack de son année: «Ne vous emballez pas sur votre cheval, lui répondis-je, il fera de l’1’40”, pas beaucoup mieux, et son voisin de box, que vous n’estimez pas, est votre meilleur poulain.» Le futur crack a couru tout juste en 1’40”, comme je l’avais dit, et le voisin de box a fait de l’1’37” pour débuter, comme je l’avais dit également.
Chez M. Thibault, je ne mensurai que deux pouliches de deux ans: Urgence, la sœur de Toscane, à laquelle je prédis une obscure carrière, et je ne pense pas qu’elle ait été brillante, et Ukraine, que je considérai comme une trotteuse de très grand ordre: elle a débuté en 1’37”, je crois.
M. Corbière me présenta trois jeunes pouliches dans son haras de Nonant-le-Pin, L’Ure, L’Us-Marines et Dugazon, je déclarai Dugazon mauvaise, Us-Marines bonne, l’Ure de premier ordre. Là encore, les événements ont justifié mes prévisions.
C’est incontestablement chez M. Cavey que l’exactitude de mes expériences a reçu la confirmation la plus éclatante. L’aimable éleveur de Nonant-le-Pin me présentait une pouliche mainden en me demandant de pronostiquer sa carrière future. Je n’hésitai pas et je répondis à son propriétaire que, d’après les mensurations que j’avais déjà enregistrées, cette pouliche devait être le premier ou le deuxième sujet de sa génération et qu’elle gagnerait cent mille francs. M. Cavey et les autres spectateurs me parurent surpris j’eus la raison de leur étonnement, lorsque je sus que cette pouliche qu’on me disait «maiden» n’était autre que la fameuse Sarah elle-même. En moins d’une minute, mon arthrogoniomètre m’avait dévoilé ses aptitudes merveilleuses de trotteur.
Je n’ai mensuré qu’un lot de poulains au sevrage, celui de M. Cavey: grâce à mon instrument, j’ai pu désigner Wagram comme devant être un sujet de premier ordre. J’ajoutai même, en plaisantant, qu’il gagnerait, deux années plus tard, le prix du président de la République, épreuve qu’il vient en effet de remporter.
Ces différentes constatations, l’étude de l’anatomie du cheval, de nombreuses photographies instantanées, m’ont permis de faire la théorie du trot de course et d’établir un parallèle très précis entre ce genre de locomotion et le galop.
Mes mensurations ne m’ont pas seulement révélé la déformation: elles m’ont encore indiqué les modifications profondes que la sélection exclusive par les courses au trot a produites dans le modèle du cheval normand; ces modifications sont antant d’adaptations au trot de course, et c’est ainsi qu’elles amèneront insensiblement le normand à n’être plus qu’un trotteur d’hippodrome avec une diminution constante de ses aptitudes au service du carrosse et surtout de la selle: car toute race est l’expression exacte du critérium auquel on la soumet. Si c’est là le but que se sont assigné les personnalités qui dirigent l’élevage, elles l’atteindront sûrement.
J’ai été conduit ainsi à une étude approfondie des rouages qui constituent le modèle, ou pour employer une expression scientifique, l’adaptation.
Les performances du turf, sur lesquelles se concentre aujourd’hui toute l’attention des hommes de sport, ont fait reléguer au second plan la construction de l’individu, et on confond trop volontiers de nos jours le bon cheval de course avec le bon cheval de service.
Parler du modèle vient donc à son heure.
Mes prétentions sont modestes: à part quelques considérations personnelles sur la déformation et sur la locomotion artificielle du trotteur, je ne m’inspirerai que de l’esprit des maîtres que j’ai lus: je m’assignerai surtout comme tâche de dégager et de mettre en relief les conséquences pratiques de leurs théories scientifiques. Je chercherai ainsi à déterminer quel devrait être l’outillage le plus favorable pour le meilleur fonctionnement de ce moteur, de cet automobile animé qu’est le cheval.
La précision de ces recherches sera d’autant plus intéressante que j’ai la conviction de parfaitement expliquer le peu de faveur dont sont malheureusement l’objet les chevaux normands auprès des amateurs riches. On voit couramment payer chez Barlett, Mme Hentsman ou autres marchands, des américains, des anglais et surtout des irlandais, de 3 à 7.000 fr., tandis que les normands, leurs égaux certainement en qualité, ne trouvent pas acheteurs pour 1.500 ou 2.000 francs et restent pour compte à l’élévage.
Quelle est la cause de cette crise dont souffre terriblement l’élevage normand? C’est que les normands sont très inférieurs au point de vue de la conformation et que certains types de cette race sont déformés.
J’aurai donc à chercher et à indiquer les moyens les plus efficaces pour relever le prestige de notre demi-sang dans l’opinion publique, où il devrait occuper la première place. La concurrence étrangère nous enlève presque tous les débouchés rémunérateurs par la perfection de ses produits: il faut que la supériorité des nôtres la supprime.
En étudiant les réformes qui semblent s’imposer, je serai tout naturellement amené à analyser la direction qui a été donnée à l’élevage par l’Administration des Haras. Je devrai m’assurer si cette direction a été vraiment conforme à l’esprit de la loi de 1874, aux intérêts de la défense nationale, à ceux des consommateurs et des contribuables, si un judicieux parti à été tiré des ressources de notre budget hippique, ressources qui peuvent compter, puisqu’elles dépassent le chiffre de quinze millions.
Tel sera le cadre de l’étude que j’entreprends. Je m’efforcerai de faire ressortir l’utilité du modèle au point de vue de l’exploitation du cheval, au point de vue de l’agrément et de la sécurité du cavalier; je veux faire en sa faveur un chaud plaidoyer, au cours duquel je ne serai inspiré que par deux sentiments, la passion du cheval et les intérêts de l’élevage.
PREMIERE PARTIE
Table des matières
GÉNÉRALITÉS
I. — DU MODÈLE.
Table des matières
L’étude du modèle a pour but de déterminer, par l’examen détaillé de l’extérieur du cheval, quelles sont ses aptitudes, aptitudes assurément légèrement modifiables, mais limitées par la construction même du sujet: leur ensemble constitue l’adaptation du cheval.
L’examen de l’extérieur comporte, pour être complet, la recherche des longueurs et des directions osseuses du squelette, qui sont un des éléments les plus importants du modèle.
La connaissance du modèle nous fournit des renseignements exacts, dont l’importance n’échappera à personne: ils sont aussi précieux pour le cavalier, qui recherche l’utilisation immédiate du sujet, que pour le producteur qui y trouve les indications nécessaires à la direction d’un élevage intelligemment conçu; si on ne les possède point, le jugement ne peut être qu’incertain, variable et peu étendu; lorsqu’ils viennent s’unir à une intuition native, fortifiée par l’expérience, ils forment rapidement l’appréciation de l’homme de cheval.
Le cheval n’est pas autre chose qu’un moteur animé, et tous les efforts des personnalités qui dirigent l’élevage doivent tendre à ce que ce moteur soit bien organisé, pour que ses mouvements se produisent avec une grande liberté et conformément au travail que nous réclamons de lui. Car, dans un mécanisme animé, lorsque tous les organes sont complètement développés avec des rouages de bonne qualité, s’engrenant parfaitement, on peut compter sur les plus grands services et les plus utiles adaptations; si, au contraire, les rouages s’engrennent mal, s’ils sont irréguliers, incomplets, de qualité inférieure, le mécanisme s’usera prématurément, ou bien n’aura que des adaptations limitées.
Lorsqu’un cheval se meut, il dépense de la force: tous les animaux sains ont une force suffisante pour les manifestations de leur existence naturelle; mais, si vous leur imposez une épreuve qui aille jusqu’à la limite de leur puissance, — la poursuite pour les animaux sauvages, le travail pour les animaux domestiques, — vous constatez que les uns ont une bien plus grande résistance que les autres: cette différence entre la force dépensée pour la vie normale de l’individu et la force dépensée jusqu’à son épuisement, la force totale, constitue le travail disponible dont l’homme peut user pour son service. C’est ce travail disponible que l’éleveur doit chercher à développer au maximum, au point de vue de la résistance, de la sécurité, de l’agrément et du confortable, par les beautés qui assurent l’adaptation et la qualité du sujet.
L’adaptation et la qualité sont donc les deux mérites, complètement distincts, mais essentiels à développer chez le cheval: on ne saurait être trop exigeant pour arriver à cette double fin, puisque de la perfection du moteur dépend le plus fort rendement de travail avec le minimum de prix de revient.
Mais il faut bien se garder de confondre l’adaptation et la qualité : un cheval bien adapté peut être une rosse sans qualité, un autre sera mal adapté et aura beaucoup de qualité. L’un et l’autre seront de mauvais moteurs, le premier parce qu’il n’aura pas de résistance, le second parce que ses rouages sont incomplets ou mal agencés: tous deux s’useront prématurément ou ne fourniront à celui qui les exploite qu’un service désagréable et peu sûr. Un cheval complet, et notamment un type améliorateur, doit être le détenteur d’une très grande qualité jointe à une adaptation aussi large que possible.
Les perfections du cheval ont reçu le nom de «beautés», et, dans ce cas, le mot beauté est synonyme surtout d’utilité. «C’est la parfaite adaptation soit de l’organe ou de la région à sa fonction, soit de l’individu tout entier à sa destination.» (Goubbaux et Barrier.) Le beau cheval est donc un cheval essentiellement utile, c’est-à-dire capable de rendre à l’homme les plus grands services en coûtant le meilleur marché possible. «La beauté de l’homme est idéale, celle du cheval est mathématique.» (Richard du Cantal.)
Les beautés du cheval peuvent être limitées à la réalisation du travail que nous réclamons de lui: il n’est pas indispensable, en effet, qu’un cheval exclusivement consacré au trait art les adaptations requises pour le service de la selle. Ce dernier genre de service exige des adaptations beaucoup plus nombreuses et beaucoup plus complètes que celui de trait: le cheval de selle, surtout s’il est employé à la chasse ou à la guerre, doit constamment s’arrêter, repartir, pivoter sur lui-même, tourner brusquement, galoper sur le dur, sur le mou, toujours sur un sol incertain et inégal, porter du poids pendant des journées entières, avoir toujours son attention en éveil, être très adroit, donner parfois des pointes de vitesse extrême, monter ou descendre à pleine allure des côtes rapides: on lui demandera encore d’être souple et maniable et de n’avoir point de réactions trop dures. Le cheval qui satisfait pleinement à ces exigences est le moteur le plus parfait: c’est lui seul qui mérite la dénomination de BEAU CHEVAL; c’est donc son élevage seul, qui, s’il est intelligemment dirigé, doit être encouragé à produire.
La vitesse et la progression résultent du jeu d’un ensemble (muscles, longueurs, fermetures articulaires, inclinaisons osseuses, respiration, circulation, qualité du tissu); il est impossible de percevoir dans quel rapport exact ces éléments concourent aux mouvements de déplacement; quelques-uns cependant, soit par leur mobilité plus grande, soit par les variations très notables qu’ils affectent dans les différents genres d’adaptation, semblent être des causes plus déterminantes, et, partant, plus intéressantes à étudier dans leurs effets: l’agencement des muscles, l’humérus, le garrot, l’ischium, par exemple. Il peut arriver qu’un des éléments de cet ensemble manque de développement ou soit mal adapté, sans qu’il en résulte un inconvénient apparent: ce sont alors les autres éléments qui suffisent à la fonction, et compensent, souvent à leur détriment, ou au détriment de celui qui exploite le moteur, l’infériorité de cet élément: si les compensations n’existaient pas dans une très large mesure, tout cheval qui ne serait pas théoriquement bien fait serait incapable de tout service: mais on doit bien se garder de propager une race en se basant sur les compensations qui, elles-mêmes, peuvent venir à manquer. Il est évident que, plus il y a de perfections dans le détail, plus on a de chances d’avoir la perfection dans le tout.
Des observateurs superficiels ou des esprits indolents objecteront peut-être que c’est là de la théorie. Ils ignorent donc que tout effet a une cause: quand l’effet existe, il faut être assez perspicace, assez travailleur, pour en découvrir et en déterminer les causes.
«L’ignorance, dans laquelle se trouvent l’immense majorité des hommes de cheval, de organisation et de la bonne confection de la machine, est la cause des plaintes générales, des récriminations perpétuelles, dont nous sommes témoins sur l’amélioration de nos chevaux: c’est là le mal, il n’est pas ailleurs!» (Richard du Cantal.) Alasonière exprime la même opinion. Je partage complètement l’avis de ces deux grands maîtres: chacun juge le cheval par impulsion; combien peu sont capables de le raisonner!
L’utilité de la science du modèle n’est donc pas douteuse pour celui qui fait usage du cheval: elle est absolument indispensable pour surveiller l’évolution d’une race soumise à une sélection. Si M. X... ou M. Z... se trompent en achetant un cheval, et que ce cheval ne leur rende que peu de services, le fait a une importance d’autant moins considérable que M. X... ou M. Z... demanderont très rarement à leur cheval l’adaptation extrême de son service; mais, si l’erreur, au lieu de se porter sur un seul individu, se produit sur un type, sur une race tout entière, qu’une administration d’État ou que des sociétés privées transforment, à l’aide d’encouragements mal compris, les conséquences nuisibles que cette erreur entraîne avec elle peuvent être incalculables.
En effet, quand on ignore le pourquoi de chaque chose, quand on n’a pas constamment en vue le modèle-type, la perfection vers laquelle on doit tendre, on peut arriver insensiblement chez certains spécialistes à des dispositions tellement accentuées qu’elles constituent de véritables changements de forme: les adaptations sont alors restreintes à la spécialité du sujet, et il n’y a plus de compensations suffisantes pour atténuer les effets parfois désastreux des modifications intervenues! Nous verrons que c’est exactement ce qui s’est produit dans l’évolution de la race normande vers le record en 1’30”.
II. — DE LA PEAU.
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La peau, enveloppe extérieure du corps, en recouvre toute la surface.
Son examen donne des indices assez précis sur la valeur des organes qu’elle enferme: il fournit, par conséquent, un élément d’appréciation de la force motrice de l’animal.
Les muqueuses, en effet, ne sont que la continuité de la peau, dont elles ont à peu près l’organisation: on peut donc admettre que si son organisation est riche, les muqueuses ont toute chance de présenter la même richesse organique. (Alasonière.)
La peau du cheval doit être fine et souple; les poils et les crins doivent être soyeux: au moindre exercice, les veines apparaissent comme une sorte d’arborisation. Elles permettent de découvrir la prédominance du système sanguin et nerveux sur le système lymphatique.
L’inspection du pouls à l’artère sous-maxillaire donne un excellent indice de l’énergie de l’animal. Cette artère doit être petite, et ses mouvements durs et précipités. (Alasonière.)
Lorsque la peau est fine et souple, les muqueuses contiendront des liquides peu abondants, seront peu épaisses et de nature à favoriser admirablement les phénomènes de respiration, de nutrition et de circulation.
Parmi les types dont la peau dénote une très grande qualité, il faut mettre au premier rang les chevaux de pur sang, les races orientales et leurs dérivés. Certains trotteurs près du sang ou simplement sélectionnés par les courses sont, sous ce rapport, aussi remarquables que les pur sang, dont ils ont, du reste, parfois toute la qualité, sans en avoir le modèle, bien entendu.
CONCLUSION. — La peau reflète l’état des muqueuses internes, elle permet, dans une certaine mesure, de présumer la qualité du sujet; elle doit être fine et souple, et laisser voir les veines, lorsque l’animal travaille.
III. — DES TISSUS.
Table des matières
Le corps du cheval est le résultat de l’union intime de parties solides, liquides et gazeuses.
Les tissus sont les parties solides du corps: ils en déterminent la forme et le volume.
Les plus importants sont: le tissu cellulaire ou conjonctif, le tissu adipeux, le tissu musculaire, le tissu osseux et le tissu nerveux.
A. — Tissu musculaire.
Table des matières
Le tissu cellulaire, mou, blanchâtre, et légèrement transparent, constitue l’enveloppe de nombreux organes.
Le tissu adipeux résulte de l’accumulation de la graisse: il se trouve sous la peau, autour des vaisseaux, du cœur et des reins.
Le tissu musculaire est de deux sortes, tissu musculaire de la vie organique, tissu musculaire de la vie de relation. Le premier, soustrait à l’influence de la volonté, intéresse les organes viscéraux, cœur, intestin, etc., qui sont sous sa dépendance directe. Le second est l’agent de la locomotion et des rapports extérieurs.
Les muscles sont les agents actifs du mouvement: ce sont des organes mous, contractiles, de couleur grise ou rougeâtre.
Ils se contractent d’un tiers environ de leur longueur; c’est en s’allongeant et en se raccourcissant qu’ils font opérer aux os les mouvements nécessaires, soit par leurs propres fibres, soit par les tendons qui leur servent de prolongement.
Tout muscle a une insertion fixe et une insertion mobile. L’animal peut, suivant sa volonté, faire de l’insertion fixe l’insertion mobile, et vice versa. L’ilio-spinal, par exemple, qui va de la base de l’encolure à l’ilium, soulève l’avant-main pendant le cabrer quand son insertion fixe est à la croupe, et l’arrière-main pendant la ruade, quand son insertion fixe est à l’encolure.
Les muscles d’une région agissent sur la région voisine ou inférieure, là où ils ont leur point d’insertion mobile. Ainsi, les muscles de la région du garrot font mouvoir l’épaule, ceux de l’épaule agissent sur le bras, ceux du bras sur l’avant-bras, ceux de l’avant-bras sur la région inférieure de la jambe.
Lorsqu’un muscle est perpendiculaire sur le rayon qu’il fait mouvoir, il agit très brusquement au début de son action, mais sa puissance diminue à mesure que sa direction, d’abord perpendiculaire, devient peu à peu oblique: dans ce cas, le mouvement est brusque, puissant, mais court. Lorsque, au contraire,le muscle est oblique sur le rayon qu’il fait mouvoir, il agit avec peu de force au début de son action, mais sa puissance augmente à mesure que sa direction, oblique d’abord, devient peu à peu perpendiculaire: dans ce cas, le mouvement est lent d’abord, mais très étendu.
Il ne faut pas perdre de vue ce mode d’action musculaire, différent suivant la nature de l’insertion du muscle: il nous expliquera plus loin certains mouvements spéciaux, grâce auxquels le trotteur peut produire des vitesses d’hippodrome, et nous servira de base pour la classification des chevaux en deux types de moteurs très différents.
Le muscle au repos est alcalin; il devient acide, lorsqu’il se contracte et qu’il travaille: il consomme alors tout l’oxygène que lui apporte le sang, et il charge ce dernier de nombreux déchets et surtout d’acide carbonique et d’acide lactique. Pour bien se contracter, le muscle exige donc un apport constant de sang très oxygéné. Si le cœur n’est pas suffisamment puissant, si les poumons ne sont pas suffisamment vastes, si le cheval n’est pas suffisamment en condition, en un mot, si la circulation n’est pas libre et active, le sang revient au muscle insuffisamment pourvu d’oxygène et encore chargé de déchets qui lui font perdre sa contractilité : la fatigue se manifeste bientôt par suite de l’encrassement des muscles, et l’activité locomotrice diminue rapidement; c’est dans ce sens qu’on dit fort justement qu’un cheval galope avec ses poumons. (Goubbaux et Barrier.)
L’échange d’oxygène se fait pendant la détente qui suit la contraction: plus les contractions seront répétées, plus l’animal fatiguera.
La quantité d’oxygène absorbée par le muscle est vingt fois plus forte pendant le travail que pendant le repos et la production d’acide carbonique est centuplée. (Chauveau et Kaufmann.)
Fig. 1. — Principaux muscles du cheval.



Il est extrêmement important de considérer la nature et la quantité de tissu musculaire dont l’animal est chargé, d’établir le rapport de cette quantité avec la masse totale: on trouve dans ces différentes constatations un des éléments les plus certains pour déterminer l’adaptation du cheval.
Chez les animaux de pur sang ou très près du sang, l’appareil musculaire, d’excellente qualité, revêt une forme allongée, souple et dense, qui donne à l’animal un aspect sec, dégagé, et ôte à ces différentes régions l’aspect boursouflé qu’elles présentent chez des animaux d’organisation commune. Un système musculaire de cette nature peut, dans une certaine mesure, être une compensation à des inclinaisons osseuses médiocres, parce que ces mucles sont puissamment contractiles, et qu’ils font mouvoir d’une façon rapide et étendue les rayons osseux jusqu’à l’extrémité de leurs révolutions: ils donnent toujours l’action droite. Au contraire, un système musculaire ou trop abondant ou empâté, comme cela se voit chez les animaux loin du sang, sera incapable de profiter des meilleures inclinaisons osseuses, tout simplement parce que les agents actifs de la locomotion sont impuissants à obtenir de ses agents passifs, les os, une révolution ou des mouvements suffisamment rapides et étendus.
La plupart des chevaux normands sont dans ce cas: ils ont l’action ronde. Cela tient d’abord aux mauvaises inclinaisons osseuses de leur avant-main, ainsi que nous le verrons plus loin; ils pourraient corriger ce défaut dans une certaine mesure, si leur système musculaire était moins chargé ; mais presque tous étant beaucoup trop loin du sang, ont gardé des auteurs de trait, qui ont formé leur race, une musculature épaisse et courte; cette disposition musculaire défectueuse, jointe à la mauvaise direction de leur ossature, leur interdit généralement toute action droite et en avant, tandis que beaucoup de trotteurs américains, qui ne sont pas mieux partagés que les normands sous le rapport des inclinaisons osseuses, ont, grâce à la perfection de leurs muscles, une bien meilleure progression, sans être parfaite toutefois, surtout en ce qui concerne l’engager des postérieurs sous le centre de gravité.
Enfin, j’aurai suffisamment mis en relief toute l’attention qu’on doit porter à la nature du système musculaire, c’est-à-dire à sa qualité, à son agencement ou à son volume, lorsque j’aurai fait remarquer que beaucoup de vainqueurs du Grand Prix de Paris ont les mêmes inclinaisons osseuses qu’un percheron: la nature du tissu seule les différencie!
Si nous nous plaçons exclusivement sous le rapport du volume, ce serait un grand tort de rechercher pour tous les services qui réclament de la vitesse, un tissu musculaire trop abondant: il faut réserver cette disposition aux animaux destinés à travailler en mode de masse avec allures lentes du trot et du pas.
Lorsqu’on veut déterminer un type de vitesse, il faut savoir proportionner les muscles à la masse du suj et et ne pas oublier que le cheval doit être assez léger pour marcher vite, tout en restant assez fort pour porter lourd; il y a là une question de coup d’œil et de jugement qui n’est pas un des moindres mérites de l’homme de cheval.
Dans ce cas, il ne faut pas seulement considérer la puissance des muscles, mais encore leur longueur, car le travail qu’on réclame d’eux n’est pas seulement un travail de force et d’intensité, mais encore un travail de vitesse et d’étendue.
Les chevaux de vitesse doivent être des animaux à longues lignes, c’est-à-dire à longs muscles, leur permettant des mouvements souples et étendus en avant. Or, c’est le rapport entre le diamètre des muscles et leur longueur qui caractérise les animaux à grandes lignes: s’il n’en était pas ainsi, si la longueur absolue des muscles devait être seule considérée, la plupart des percherons auraient plus de lignes que les chevaux de pur sang.
Deux dimensions sont donc à considérer dans l’examen des muscles: leur diamètre et leur longueur. Le diamètre caractérise la force et la longueur caractérise l’étendue. L’aptitude au travail en mode de vitesse dépend donc de l’accroissement des dimensions linéaires en hauteur, ce qui donne la longueur, celles en largeur restant les mêmes. (Samson.)
L’excès d’ampleur, le trop grand développement musculaire n’est donc pas une beauté à rechercher chez les chevaux de selle, de chasse et même de trait léger. C’est là une grande erreur, acceptée cependant par la plupart comme une vérité indiscutable, que de croire qu’il faut un cheval lourd pour porter un gros poids: plus un cheval est léger, plus il peut proportionnellement porter de poids.
Pour mieux faire comprendre ma pensée, je me servirai de la comparaison suivante. Un cheval porte environ le cinquième de son poids total, soit 100 kilos pour un animal de 500 kilos: ce poids doit être ramené au septième pour l’homme qui n’a que deux membres pour porter sa masse, soit donc 10 kilos environ. Eh bien! si vous avez ce poids de 10 kilos à faire porter rapidement, dans un pays inégal, coupé d’obstacles de toute sorte, qui prendrez-vous? un fort de la halle, un lutteur de chez Marseille, ou bien un homme léger, bien découplé, à formes sèches et élancées? Le second type assurément: agissez de même pour le choix d’un cheval, et n’oubliez pas que tout type de vitesse doit être relativement léger.
Chez le moteur de vitesse moyenne ou chez celui de trait, les formes corporelles peuvent être trapues et rondes, au lieu d’être sveltes et allongées: elles doivent même revêtir ce caractère chez les animaux de gros trait dont les muscles doivent être courts et puissants, leur permettant des efforts intenses, mais sans étendue. La puissance de traction de ces moteurs est alors beaucoup plus grande, puisque la force déployée par un muscle est surtout proportionnelle à son diamètre, et non point à sa longueur.
Ceci, toutefois, n’est vrai que d’une manière absolue. En effet, il a été établi par le professeur Welcker, de Halle, que si un type s’agrandit dans ses dimensions linéaires, l’aptitude mécanique ne croît pas proportionnellement à l’agrandissement de ses dimensions. La somme de ses diamètres musculaires augmente comme le carré de cet agrandissement, tandis que la masse totale que le système musculaire doit mettre en mouvement augmente, elle, comme le cube de ce même agrandissement.
C’est là la confirmation scientifique de ce fait pratique bien connu des hommes de cheval, qu’il y a fort peu de très bons chevaux parmi les animaux de grande taille, et que tous les exploits de fond et de résistance ont été accomplis par des chevaux de taille généralement au-dessous de la moyenne.
Lorsque la taille du sujet diminue, il arrive peu à peu à ne plus pouvoir compenser par l’accroissement proportionnel de sa puissance musculaire la brièveté de ses rayons locomoteurs; c’est pourquoi au-dessous d’une certaine taille, la puissance motrice absolue tend à devenir de moins en moins grande.
M. Samson, quia merveilleusement développé cette thèse du cheval relativement léger pour porter lourd en marchant vite, estime que le poids de 500 kilos est le plus favorable économiquement pour la fonction de moteur en mode de grande vitesse. C’est le poids d’un fort pur sang comme Zut, par exemple, qui, étant étalon, pesait 520 kilos. M. Samson pense, avec beaucoup de raison, que les races orientale, asiatique et africaine, ainsi que leurs dérivés, sont seules aptes au travail en grande vitesse, en admettant, bien entendu, que les conditions d’adaptation soient pleinement réalisées: seul, en effet, le cheval de sang peut marcher vite en portant lourd.
MM. Goubbaux et Barrier partagent entièrement l’avis de M. Samson, dont ils citent plusieurs passages, notamment celui qui s’applique aux chevaux normands dont est composé notre grosse cavalerie: «Les grands et lourds chevaux de selle, d’ailleurs si difficiles à produire bons et bien conformés, ne rendent dans la cavalerie militaire que de pitoyables services. Ils doivent être réservés pour les attelages de luxe, où ils n’ont qu’à fournir un faible travail, et où ils ne servent qu’à flatter la vanité des riches.»
On ne saurait mieux dire que les célèbres professeurs de l’Institut agronomique et de l’école d’Alfort, et on ne saurait condamner plus sévèrement le carrossier normand comme cheval d’armes.
A l’appui de cette assertion, il n’est pas inutile de rappeler la façon brillante dont se sont comportés, pendant les campagnes de Crimée et d’Italie, les chasseurs d’Afrique et les hussards montés en petits chevaux algériens; ils se sont montrés, au double point de vue de la vitesse et de la résistance, infiniment supérieurs aux troupes de grosse cavalerie montées en chevaux normands ou anglais.
L’abondance du tissu est un des défauts les plus caractérisés de la race normande. Elle tient cette fâcheuse disposition de ses auteurs, qui étaient des animaux de trait, ainsi que de l’alimentation trop aqueuse à laquelle elle est soumise dans les pâturages de Normandie. Une infusion constante de sang pur et une nourriture tonique pourraient combattre cette tendance, qui est une des causes, malheureusement trop nombreuses, de la mauvaise adaptation du cheval normand au service de la selle.
Les courses au trot n’ont contribué que très lentement à la diminution du tissu chez le trotteur, et cela pour deux raisons: plusieurs familles, celle de Normand particulièrement, n’ont eu que très peu de croisements avec le pur sang; chez certaines autres branches, plus favorisées sous ce rapport, l’éleveur a cru devoir éliminer les sujets faits en chevaux de sang et ne conserver pour la reproduction que les animaux lourds, communs, à formes empâtées, l’administration des Haras ayant toujours manifesté ses préférences exclusives pour ce genre de type.
Cependant, depuis que les courses au trot ont atteint des vitesses excessives, les animaux amples et d’un grand format, comme Cherbourg, tendent à disparaître. Ce fait est regrettable, cette famille étant assurément la plus belle d’Europe au point de vue de l’adaptation carrossière.
Parmi les types les plus remarquables sous le rapport de la légèreté de tissu, on peut citer en première ligne le pur sang, les races orientales et leurs dérivés, les anglo-arabes, les hongrois, les chevaux du midi de la France, beaucoup d’irlandais et de très rares normands près du sang; la grande majorité des chevaux normands, les norfolks, les hanovriens, les mecklembourgeois, etc., etc., sont au contraire très alourdis par l’abondance de leur tissu et ne sont, par cela même, aptes qu’aux services lents ou à la traction.
CONCLUSION. — Les muscles sont les agents actifs du mouvement: un apport constant de sang oxygéné est indispensable à leur bon fonctionnement.
Les muscles produisent des mouvements différents, suivant leur longueur, leur volume et leur insertion.
Volumineux et courts chez les animaux appelés à fournir de la force et peu de vitesse, ils donnent à ce type un aspect trapu et rond; minces et longs chez les animaux appelés à produire beaucoup de vitesse et peu de force, ils donnent à ce type un aspect dégagé et élancé.
B. — Des os.
Table des matières
Les os sont les organes passifs de la locomotion. Leur ensemble constitue le squelette. Ils fournissent aux muscles les leviers et les poulies de renvoi nécessaires au déplacement des forces.
Tous les os présentent à leur surface extérieure des éminences. Celles qui sont situées près des articulations s’appellent éminences articulaires. Les autres ont reçu des noms divers: tubérosité, épine, crête, apophyse. Elles donnent attache aux tendons et aux ligaments, et par suite, leur rôle dans la locomotion est fort important.
Les muscles, en effet, sont presque toujours placés parallèlement aux os. Cette disposition, peu avantageuse pour commencer leur effort, leur permet cependant d’augmenter l’intensité de cet effort, à mesure que la contraction s’effectue, puisque leur incidence, d’abord parallèle, tend à devenir perpendiculaire et de plus en plus favorable; mais, au début de la contraction du muscle, son influence serait presque nulle, si les éminences dont je viens de parler n’intervenaient pas avec le plus heureux effet: elles servent de poulies de renvoi pour écarter les muscles des os qui leur sont parallèles et donner aux premiers une incidence meilleure sur les seconds en les rapprochant de la ligne perpendiculaire, la plus avantageuse pour leur action.
Le système osseux d’un cheval doit donc être très accusé. Lorsqu’il en est ainsi, lorsque les saillies osseuses sont très prononcées, le cheval est dit anguleux.
C’est une très grande beauté. Mais il est sage sur ce point de réserver son appréciation: tous les chevaux maigres ont l’air anguleux, les chevaux gras ou chargés de tissu, comme la plupart des normands, ont l’air rond. L’ossature des normands est cependant généralement très suffisante, et leur aspect rond et cylindrique provient presque toujours du tissu qui les envahit prématurément. Je me souviens de Cherbourg à l’entraînement: il était à grandes lignes et anguleux. Je remarquai Novice quand il débuta à Vincennes: c’était un animal avec du garrot, chose si rare en Normandie, osseux et anguleux; c’est aujourd’hui le cheval le plus rond du haras du Pin!
Fig. 2. — Squelette du cheval.

NOMS DES PRINCIPAUX OS DU SQUELETTE.
1. Atlas.
2. Axis.
3. Vertèbres cervicales.
4. Vertèbres dorsales.
5. Vertèbres lombaires.
6. Vertèbres sacrées.
7. Vertèbres coccygiennes.
8. Scapulum.
8 bis Cartilage de prolongement du scapulum.
9. Humérus.
10. Sternum.
11. Radius.
12. Cubitus.
13. Coude ou olécrane (extrémité supérieure du cubitus).
14. Articulation huméro - radio - cubitale.
15. Les huit côtes sternales, ou vraies côtes.
16. Les dix côtes asternales, ou fausses côtes.
17. Ilium.
18 Articulation coxo-fémorale.
19. Ischium.
20. Fémur.
21. Rotule.
Le squelette, du fait de son rôle comme charpente de tout l’organisme, est exposé à de nombreuses déviations physiologiques et détériorations hâtives par suite de la répercussion indirecte qu’il reçoit de tout l’organisme, lorsqu’il est soumis à un fonctionnement actif prématuré, mais pendant le travail le squelette ne joue qu’un rôle passif, et il ne participe en rien à la pratique momentanée et immédiate du suj et.
Au contraire, malgré le secours de ligaments très forts qui s’opposent à la flexion des rayons, les muscles, même au repos, ont un certain travail et continuent, à consommer de l’oxygène. Les extenseurs sont toujours à l’état de tension pour maintenir les angles articulaires à leur degré normal d’ouverture.
Les muscles éprouvent de ce fait une fatigue qui est d’autant plus grande que, dans la construction de l’animal, il incombe plus de poids aux muscles; aussi y a-t-il grand intérêt à décharger le système musculaire sur le système osseux; c’est ainsi que, chez les animaux destinés à porter de gros poids, certains rayons osseux, les côtes, l’humérus et le fémur par exemple, doivent se rapprocher de la perpendiculaire, cette disposition étant plus avantageuse pour la résistance aux charges dorsales.
C est là un caractère que présentent au premier chef les chevaux de pur sang, les chevaux du Midi et surtout les irlandais; les trotteurs normands ont, en ce qui concerne l’humérus et les côtes, une construction diamétralement opposée.
CONCLUSION. — Le système osseux doit être très accusé, de façon que le cheval soit aussi anguleux que possible. Chez les porteurs, certaines directions osseuses doivent être telles qu’elles prennent à leur actif le plus possible de la charge dorsale, afin d’alléger le système musculaire.
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